Deneys veut taxer les commerces qui font «tipper» les clients
Le député socialiste veut créer une Fondation pour collecter et gérer la taxe qu'il fixe à 10'000 francs par mois et par caisse automatique.

On ne sait quel sera le destin de son projet de loi. Mais la proposition de Roger Deneys de taxer les caisses automatiques qui prolifèrent depuis peu dans les commerces va assurément faire parler d'elle. Inscrit au programme de la session du Grand Conseil de mars, le projet vise, selon son auteur, «à freiner le développement des caisses automatiques tout en offrant une prime aux commerces qui n'en utilisent pas».
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Tous les Genevois, ou presque, ont désormais été confrontés à ce dilemme après avoir rempli leur panier ou leur caddie: se placer dans la queue des clients attendant leur tour devant la caisse avec présence humaine ou filer vers la machine qui enregistrera leurs achats? La seconde option est parfois plus rapide mais aussi garantie sans sourire.
L'invasion des machines
Présentes essentiellement dans les grandes enseignes du commerce de détail, ces caisses automatiques prolifèrent. On les trouverait par exemple dans 17 des 40 magasins Migros du canton. Et la Coop n'est pas en reste. Même si, pour l'heure, une diminution du personnel des grands groupes liée à ces caisses n'a pas été prouvée, Roger Deneys est persuadé que cela ne saurait tarder.
«Je crains réellement que l'impact sur les effectifs ne se fasse fortement ressentir cette année, précise le député socialiste. Il me semble par conséquent qu'il est urgent d'agir. En fait, on aurait déjà dû proposer quelque chose lorsque les banques ont commencé à imposer à leurs clients de passer par des automates pour les transactions. Mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire aujourd'hui.»
10'000 francs par caisse
Le projet soumis au parlement ne se contente pas de créer une nouvelle taxe, fixée à 10'000 francs par mois et par caisse automatique. Il prévoit aussi la création d'une fondation de droit public qui serait chargée de la prélever et de gérer le produit qu'elle générerait. La Fondation genevoise pour le commerce et l'emploi de proximité (c'est son nom) serait composée de représentants des partenaires sociaux (majoritaires), de l'Etat et des milieux de défense des consommateurs.
L'argent ainsi collecté servirait à deux usages: 30% seraient versés à la Fondation pour la formation professionnelle et continue, et 70% reviendraient aux magasins qui n'utilisent pas de caisses automatiques. A noter que si un commerce ne faisait usage tout le temps de ces caisses dites rapides, il obtiendrait un rabais.
Le système envisagé est donc complet, mais il est aussi complexe, ce qui lui sera inévitablement reproché. «Non, je ne crois pas que cela soit aussi compliqué que cela, rétorque Roger Deneys. C'est de toute façon le prix à payer si on veut une taxe affectée. Nous avons aussi étudié la formule où le produit est versé dans la caisse générale de l'Etat. Mais on perdrait la cohérence de ce que nous proposons.»
Un premier pas
L'un des autres reproches qui ne manquera pas d'être formulé est celui de s'attaquer certes à un vrai problème – les robots destructeurs d'emplois – mais avec une solution beaucoup trop partielle. «Mon inquiétude principale, c'est effectivement qu'on dise que ce n'est pas le bon moyen, au bon niveau, et que ce n'est pas le moment opportun», reconnaît l'auteur du projet.
Pour le député, cette critique n'a pas lieu d'être: «Il faut agir là où le problème se pose concrètement, là où il y a urgence. Ce qui n'empêche pas de réfléchir plus globalement.» C'est du reste bien dans un cadre plus global qu'est inscrite cette proposition. Roger Deneys la qualifie du reste «d'ébauche d'une réponse possible». La suite du programme? Pas moins que la quête du financement d'un revenu universel.
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