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Danse contemporaineDedans, dehors, le corps de Vanhaverbeke balance

Pour ouvrir une saison qui aurait dû prendre place au Pavillon, l’ADC invite un Belge espiègle à la Salle des Eaux-Vives.

Louis Vanhaverbeke joue au mikado allégorique.
Louis Vanhaverbeke joue au mikado allégorique.
LEONTIEN ALLEMEERSCH

Un poète manutentionnaire. Sur scène, il transbahute des caisses, bricole, empile, clôt des espaces pour mieux les rouvrir au bout du compte. Dans la boîte noire de la salle des Eaux-Vives, le Flamand Louis Vanhaverbeke vient insérer d’autres boîtes, jusqu’à ce qu’une logique gigogne parvienne à en délivrer tant l’artiste que ses spectateurs. Après avoir donné sa précédente performance, «Multiverse», au Théâtre de l’Usine en 2017, l’artiste est invité ces jours à l’ADC à présenter son solo «Mikado Remix», qui prolonge sa double réflexion plastique et sonore sur le thème de la norme. Et donc de la limite. Et donc de sa transgression.

Sur son plateau, Vanhaverbeke ne se contente pas de déplacer des barrières en plastique. Il manipule aussi la loop station qui mettra en boucle ses textes slamés, tout en maniant la vidéo. Éléments de chantier, beatbox, images au ras du sol, le Belge ne donne pas dans la matière noble. Plutôt dans le corps humble, mais éloquent. Car si la cloison isole, elle dégage une étendue. Si elle crée un dehors, elle aménage un dedans. Et en poussant un peu, on verra qu’elle trace les contours du sujet et de l’objet. La ligne droite, si présente dans nos représentations physiques comme mentales, appelle son propre franchissement.

«Mikado Remix» ADC, jusqu’au 11 octobre, www.adc-geneve.ch