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DécryptageDéclaration d’amour à la nature luxuriante

Les créations du joaillier Gilbert Albert, décédé il y a un an, sont actuellement exposées au Musée d’art et d’histoire de Genève.

Ce collier réalisé en 1993 est fait d’un «perlé» en or jaune, d’opales, de nacre, de corindons, de perles et de brillants. Il est long de 22 cm, large de 14 cm et pèse 192 g.
Ce collier réalisé en 1993 est fait d’un «perlé» en or jaune, d’opales, de nacre, de corindons, de perles et de brillants. Il est long de 22 cm, large de 14 cm et pèse 192 g.
: © Flora Bevilacqua/MAH

L’émerveillement de Gilbert Albert pour la nature était inépuisable. Chaque roche, algue ou perle emplissait d’excitation le joaillier genevois. Sa curiosité a fait de lui un écologiste des premières heures, soucieux de mettre en lumière les trésors de la terre, du ciel et de la mer. Il a travaillé des os de dinosaures et des piquants d’oursins, de la peau de tatou, des pattes de varan, des griffes de tigre; moulé dans l’or des squelettes de rats et d’oiseaux, des pives de cèdres; coulé des scarabées dans la résine selon un procédé resté mystérieux; enchâssé dans le métal précieux cailloux bruts et météorites.

L’exposition actuellement disposée au Musée d’art et d’histoire (MAH) montre à quel point il s’inclinait devant la luxuriance de la nature et la reflétait dans ses créations. Gilbert Albert devait participer activement à sa conception, elle aurait célébré son 90e anniversaire, mais le décès de l’artiste, en septembre 2019, a changé le cours des choses. La fête s’est muée en hommage. Parmi les pièces mises en valeur, ce collier réalisé en 1993. «Il démontre le travail du joaillier à l’apogée de son art», relève Estelle Fallet, conservatrice en chef du domaine Horlogerie, bijouterie, émaillerie et miniatures, commissaire de l’exposition. «C’est l’époque de la reconnaissance internationale, des expositions de prestige au Japon, à Prague, à Moscou. Cette pièce est une signature: on y reconnaît le foisonnement de sa créativité.»

Pesant 192 grammes, longue de 22 cm et large de 14, cette parure de cou est relativement épaisse (4,5 cm), formant un bombé à son extrémité. On la croit rigide, il n’en est rien; sa souplesse lui permet d’épouser toute gorge. La base du bijou est en or jaune 18 carats; 21 opales, 35 corindons, des perles, des morceaux de nacre et des brillants l’illuminent.

«Gilbert Albert, joaillier de la nature» Musée d’art et d’histoire, rue Charles-Galland 2, jusqu’au 15 novembre. Visites sur réservation en raison du Covid-19 sur mah-geneve.ch

1 commentaire
    jean

    Les créations de GA sont magnifiques, mais souvent la clientele qui peut s`offrir des vrais beaux bijoux n`a pas assez de gout pour les apprécier et prefere les entassements de diams, rubis et autres cailloux ostentatoires aptes a faire étalage de fortune.