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Plein airDe nuit, la ville est vide, elle a perdu ses habitants

Les rues sont à nouveau désertes. L’espace public est sans expression, le fatalisme joyeux du printemps a disparu. Reportage nocturne.

La gare routière n’est plus qu’un grand vide au ras du bitume. Photo Laurent Guiraud
La gare routière n’est plus qu’un grand vide au ras du bitume. Photo Laurent Guiraud

Mardi 3 novembre, 21 h, deuxième soir de semi-confinement. C’est confirmé, notre ville est à nouveau entrée en quarantaine. Son hypercentre est hypercalme et désert. Dans cet espace public sans expression, il n’y a plus que deux mobilités nocturnes, celle des ambulances et celle des livreurs.

On va à l’essentiel: acheminer aux urgences des HUG les patients qui ont besoin de soins; nourrir à domicile les habitants qui n’ont plus de lieux pour manger dehors. Dans la pénombre, les deux activités finissent d’ailleurs par se ressembler. Le porteur de sac à dos isotherme fait penser à l’urgentiste sortant de son véhicule de secours. Bagage altruiste, déplacement minuté, la nuit bien entamée n’accueille plus que les métiers nécessaires.

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