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Nouveau livreDans la tête de Brian Wilson, damné des Beach Boys

Plaisir total à la lecture de cet entretien intense avec le génie créateur de Beach Boys.

Brian Wilson.
Brian Wilson.
Photo by Casey Curry/Invision/AP)

On vient d’abandonner la biographie de Philippe Katerine par Thierry Jourdain. Erreur de casting aux éditions Le Mot et le Reste: raté, dommage. Pour tâcher de combler cette frustration, on se jette sur cette interview de Brian Wilson par Michka Assayas, pilier des écrits sur le rock en France. Toujours chez le même éditeur. Cette fois, tout y est: le sujet parfaitement anglé, l’écriture au poil, le sens du cadre comme du détail. Plaisir total à la lecture de cet entretien intense avec le génie créateur de Beach Boys.


Le texte date de 1992. Il a été publié, dans les «Inrockuptibles» une première fois, puis dans un recueil, déjà à l’enseigne du Mot et le Reste. Pas un problème. Ce qui était bon hier le reste aujourd’hui. Et l’on replonge dans l’histoire aussi touchante qu’effrayante de l’aîné des Wilson, compositeur principal du groupe phare de la pop nord-américaine.


An 1964, premiers succès de ces «garçons de plage» mêlant rock et polyphonie vocale dans un cocktail léger. Musique de Blancs, pour les Blancs. Il y avait Carl, Dennis et Brian, Al Jardine et Mike Love. Les trois frères, le voisin et le cousin. Sous la coupe du père, Murry Wilson, qui bat, qui humilie ses enfants, leur fait comprendre qu’ils n’ont aucun talent, contrairement à lui.


Il y eut «I Get Around», puis «Surfin’ USA», puis «California Girls»… Des tubes comme s’il en pleuvait. De la variété rock, naïve et joyeuse. Jusqu’à ce que Brian Wilson compose le chef-d’œuvre des Beach Boys, l’album «Pet Sounds», en 1966.


Brian entend égaler la faconde des Beatles. Peut-il faire mieux que «Rubber Soul»? Brian est obsédé par le travail de son compatriote, le producteur Phil Spector. Peut-il devenir aussi populaire que ses Ronettes? Brian, psychologiquement fragile, n’a pas fini de douter. L’abondance de stupéfiants aggrave son cas. Le musicien entend des voix, se persuade qu’il provoque des incendies lorsqu’il aborde un thème, «Fire», prévu dans son album définitif. C’aurait dû s’appeler «Smile». Mais tout est parti en coquille, les membres du groupe, et la maison de disques, refusent le projet. Et Brian Wilson, souffrant, d’abandonner la partie, pour s’enfermer dans son mal-être durant de longues années. Viendra le «docteur» Eugene Landy, plus gourou que médecin. Il faudra plus de deux décennies pour que la famille de Brian se débarrasse enfin de son emprise.


L’histoire est connue. Mais l’entendre par la voix du principal intéressé lui confère une réalité autrement nuancée. Brian avait 50 ans à l’époque. Il en a aujourd’hui 78 et joue encore de la musique. Pour Michka Assayas, cette rencontre lui a révélé que «dans le rock, la résurrection n’était pas un vain mot».

«Brian Wilson. Interview, Malibu, 1992» Michka Assayas, Éd. Le Mot et le Reste, 96 p.

1 commentaire
    Karuna

    J'aime ce Rock.....des blancs, (je ne savais pas que les BB ont étaient qualifiés de cette manière!!) parce qu'ils ont apporté beaucoup de joie aux jeunes des années 60' , qui ont été nés et vivaient dans les pays de ...l'est!!! J'ai était heureuse de savoir qu'ils sont toujours ensemble et qu'ils prennent soin d'eux....malheureusement le Covid 19, qui a empêché leur concert du 2020. Longue vie à eux tous! Love!