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Votation du 7 marsDal Busco rappelle les réalités de la loi

L’élu détaille les chiffres du principe légal de compensation du stationnement. Pour lui, un refus bloquerait une réfection du centre-ville dans le contexte du parking Clé-de-Rive.

Le projet de Clé-de-Rive, soumis à votations, couple un nouveau parking souterrain à une piétonnisation du secteur.
Le projet de Clé-de-Rive, soumis à votations, couple un nouveau parking souterrain à une piétonnisation du secteur.
Laurent Guiraud

Dura lex sed lex. La loi est dure, mais c’est la loi. Et à Genève, elle exige de compenser tout stationnement supprimé. C’est un aspect de la votation municipale du 7 mars sur le projet de Clé-de-Rive, qui couple un nouveau parking souterrain à une piétonnisation du secteur: 498 places automobiles créées – autant qui seraient retirées en surface – et 398 cases pour deux-roues.

Conseiller d’État chargé des Infrastructures, Serge Dal Busco tient à rappeler ces exigences légales. S’il votait en ville, le démocrate-chrétien approuverait ce projet qu’il juge «utile et nécessaire». Sans s’immiscer dans le débat communal, il veut tout de même exposer les données factuelles de ses services.

De quoi parle-t-on? Depuis 2012, une loi – révisée à deux reprises depuis lors, notamment lors d’une votation en septembre dernier – force l’État à tenir des comptes d’apothicaire avec son exigence de remplacer à proximité chaque case supprimée dans les rues du cœur de l’agglomération. Deux échappatoires existent tout de même, selon des règles précises. On peut compenser grâce à un parking souterrain sous-utilisé. Et le compromis de 2016 sur la mobilité permet de réduire la disponibilité globale de stationnement en zone urbaine.

Biffer des cases en surface

Dans le cas de Clé-de-Rive, le parking projeté permet de biffer des cases en surface, notamment à proximité afin d’y créer des zones piétonnes, ainsi que dans un périmètre plus vaste allant des Eaux-Vives à la Treille. Les opposants approuvent la piétonnisation, mais pas l’ouvrage souterrain, dont on pourrait selon eux se passer pour apaiser le quartier.

Et là arrive une guerre de chiffres, comme dans toute bonne campagne électorale! Les opposants l’ont dit en lançant la leur: pour eux, piétonniser le secteur n’exige de compenser que 111 places. Or, pour les services de l’État, le chiffre est de 200. Les premiers ne comptent que les cases immédiatement adjacentes au rond-point de Rive et celles de la rue d’Italie, qui doit accueillir un pôle de transports publics déplacé de la rue Pierre-Fatio. Les seconds englobent en plus sept ruelles jouxtant ce premier périmètre et qui seront interdites à la circulation: les opposants les laissent de côté car elles ne font pas encore l’objet d’un projet de réaménagement. Voilà qui explique en gros la divergence.

À l’origine, 2310 places pouvaient être supprimées sans remplacement grâce à cette dérogation, mais plus de 300 ont déjà été utilisées, par exemple pour les pistes cyclables des quais de la rade.

Quoi qu’il en soit, comment compenser les pertes, comme l’exige la loi, dans un périmètre que la votation de septembre dernier a ramené strictement à 500 mètres? «Un seul est disponible, celui de Saint-Antoine, avec 85 places disponibles pour la compensation, indique Serge Dal Busco. Le solde doit être trouvé autrement.»

Il resterait donc à tenter l’autre voie dérogatoire, celle offerte par le compromis de 2016, qui consiste à supprimer des places sans les remplacer. Impossible dans ce cas, réplique le magistrat: «Une piétonnisation ne correspond pas aux conditions de sécurité et de fluidité que la loi fixe, puisque celles-ci doivent concerner «les différents modes de transport» et non pas un seul (ndlr: en l’occurrence la marche), explique l’élu. Par ailleurs, le stock de places disponibles par ce biais est limité.» À l’origine, 2310 places pouvaient être supprimées sans remplacement grâce à cette dérogation, mais plus de 300 ont déjà été utilisées, par exemple pour les pistes cyclables des quais de la rade. «Quand on réduit ce total, ce sont autant de places qui ne seront pas disponibles pour réaliser d’autres aménagements.» En clair, la marge de manœuvre serait réduite pour réaménager d’autres secteurs de la ville.

«L’aspirateur à voitures»

D’autres arguments des opposants, comme celui de «l’aspirateur à voitures», font bondir le conseiller d’État. «L’ouvrage prévu, dont l’entrée se situera sur un grand axe, ne va pas générer de trafic supplémentaire, il va au contraire supprimer les recherches infructueuses de stationnement en surface, ce qui va dans le sens d’un apaisement, argue-t-il. Quant à leur initiative municipale, qui vise à piétonniser le centre sans parking en échange, elle est en voie de vérification à la Chancellerie, mais elle se heurte de toute évidence encore plus aux exigences de compensation: elle implique de remplacer l’équivalent de 398 places pour voitures, avec pour seule option les 85 disponibles à Saint-Antoine. Enfin, les opposants critiquent le pôle de transports publics prévu à la rue d’Italie, mais celui-ci sera tout aussi nécessaire avec leur propre projet.»

52 commentaires
    Paul Persone

    Toujours le chantage avec ces caisses .On en veut plus de toute cette tôle en ville. Pourquoi encore croire à ce chantier titanesque qui fera fuire tout le monde ( pas bon pour le commerce) et qui une fois finalisé ne servira à rien ! Regarder le nombre de places dispos aujourd’hui dans les parkings du secteur (Mont Blanc , Rive, promenade saint-Antoine ..). Qu’est ce que l’on veut de plus ? Des drives in afin que l’on ai même plus à faire 100m a pied pour déguster son hamburger et son café de star?