Yvonne Elles (1903-?)

Nos rues au fémininEt si l’on féminisait les rues genevoises? Des propositions tous les samedis de l’été.

Yvonne Elles est l’une des candidates du Parti suisse du travail (PdT), parti communiste qui soutient certaines revendications féministes comme le droit de vote au niveau fédéral, l’égalité dans la famille, des formations professionnelles égales, l’assurance maternité obligatoire et l’égalité salariale.

Yvonne Elles est l’une des candidates du Parti suisse du travail (PdT), parti communiste qui soutient certaines revendications féministes comme le droit de vote au niveau fédéral, l’égalité dans la famille, des formations professionnelles égales, l’assurance maternité obligatoire et l’égalité salariale. Image: DR

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Née en 1903, Yvonne Elles est une ménagère, une femme au foyer dans la terminologie actuelle, soit une femme qui travaille au sein de la sphère domestique. Sa biographie, qui reste à écrire, sera sans doute l’une des plus difficiles à réaliser: confinées dans la sphère privée, les femmes au foyer ne laissent guère de traces permettant aux historiens de décrire leur profession et leur quotidien.

Grâce à sa candidature aux élections au Grand Conseil de Genève de novembre 1961, la première élection où les femmes sont autorisées à se présenter, Yvonne Elles n’est pas totalement tombée dans l’oubli. Elle est alors l’une des candidates du Parti suisse du travail (PdT), parti communiste qui soutient certaines revendications féministes comme le droit de vote au niveau fédéral, l’égalité dans la famille, des formations professionnelles égales, l’assurance maternité obligatoire et l’égalité salariale. Dans son portrait dressé par «Voix ouvrière», le journal du PdT, Yvonne Elles est présentée comme «ménagère, figure populaire dans son quartier de Plainpalais où elle assiste, dépanne, aide, conseille. Membre du comité du Mouvement Populaire Féminin.» Elle est 23e sur une liste de 66 candidats.

Contrairement aux idées reçues, les femmes ont de tout temps travaillé. La majorité d’entre elles étaient, comme les hommes, paysannes, elles œuvraient également en tant que domestiques, couturières, marchandes, ouvrières, commerçantes, etc. Le modèle de la femme au foyer, «bonne ménagère», comme idéal de la condition féminine est une invention du XIXe siècle bourgeois. Il s’impose lentement dans les faits – en 1910, en Suisse, 46,9% des femmes ont un emploi salarié –, n’est statistiquement majoritaire que dans la brève période de l’entre-deux-guerres avant de décliner à nouveau. Statut bourgeois à l’origine, la femme au foyer qui gère la maisonnée devient également une réalité de la petite bourgeoisie et du monde ouvrier dans le courant du XXe siècle. Avoir sa femme au foyer est alors, pour les hommes, une marque de réussite sociale. Labeur harassant et répétitif dont la réussite se reconnaît à son invisibilité, le travail domestique est un travail qui n’a plus le droit de se dire et qui n’est pas salarié, mettant les femmes dans des situations d’extrême dépendance envers les hommes. Yvonne Elles est une figure symbolique de toutes les femmes qui assument les tâches ménagères, lesquelles demeurent aujourd’hui chronophages et pénibles.

Créé: 20.07.2019, 15h56

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