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«Westworld», quand la série phare de HBO se prend pour «Blade Runner»

La troisième saison à peine débutée, on s'interroge: quelle issue pour ce scénario au point mort? La suite ce dimanche.

Evan Rachel Wood incarne Dolores Abernathy, personnage central parmi les androïdes de la série «Westworld».
Evan Rachel Wood incarne Dolores Abernathy, personnage central parmi les androïdes de la série «Westworld».
HBO

Le temps est à la réclusion. Allons donc nous vautrer dans quelques séries pop. Ici «Westworld» et ses complots menés par des actrices aux corps maquillés, du glamour de luxe pour incarner les androïdes modernes. Le tout dans une production à très gros budget. Pour autant, cette troisième saison du dernier fleuron de HBO après «Game of Thrones» n’a pas encore atteint l’intérêt des précédentes. La diffusion du quatrième épisode, ce dimanche 5 avril, saura-t-il remettre les pendules à l’heure?

De l’entame de cette nouvelle saison, on retient déjà ceci: du jeu de rôle sadique organisé par une bande de milliardaires dans un faux western, «Westworld» a migré vers le monde autrement plus sombre de «Blade Runner». Les récits visionnaires de Philip K. Dick en toile de fond, la série s’éloigne définitivement du film dont elle s’est inspirée, écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973.

Philosophie de comptoir

Dolores Aberthy – la blonde androïde conçue pour satisfaire les envies les plus diverses, surtout les pires, des hôtes d’un parc à thème, ledit «Westworld» – a libéré ses congénères. S’en est suivi un soulèvement sanglant – avec du véritable sang d’humains massacrés par les robots.

Délivrés, mais pas tout à fait encore, les ectoplasmes se confrontent à présent au vrai monde, hors du parc. Lequel pourrait s’avérer tout aussi factice. Voilà donc Dolores (Evan Rachel Wood à l’écran), blouson noir et moto futuriste, castagnant pour s’emparer de données sensibles, séduisant un héritier fortuné, s’échappant d’un guet-apens. Son dessein: éliminer l’humanité pour la remplacer par les machines. Premier fil de la troisième saison. En marge, une galerie de personnages tente de meubler les temps morts: Charlotte Hale, l’administratrice cynique rescapée du parc, Robert Lowe, le scientifique perplexe, Maeve, la forte tête perdue dans une nouvelle illusion (un village italien envahi par les soldats nazis). Ainsi qu’un mystérieux commanditaire joué par Vincent Cassel. Et ça cause sans discontinuer. Il faudrait qualifier cela de philosophie. On soupire encore…

De Frankenstein à «Lost»

Et pourtant, on y retourne. Parce qu’il y avait, dans les deux premières saisons, quelque chose de fascinant. Une paranoïa façon «Lost» mêlées aux fantasmes cybernétiques de films tels que «Ex Machina», sans oublier la littérature de science-fiction, Dick bien sûr, Asimov encore. Dans cette matrice bien chargée, les créateurs de «Westworld», Jonathan Nolan et Lisa Joy, ont eu la bonne idée d’installer un conte initiatique: Dolores, martyre des robots dont la mémoire sans cesse remise à zéro ne retenait rien, se découvrait une histoire propre, avec ses souvenirs. Métaphore de la condition des femmes, diront certains. Plus certainement ce bon vieux mythe de Frankenstein. On attend de voir par quel nouveau coup de génie la saison 3 pourra rebondir.

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