Doha, le confetti du Golfe se veut plus qu’une escale

EscapadesLe Qatar, péninsule aride, mais richissime grâce à son gaz, est le pays de tous les superlatifs

Au pied du majestueux musée de l’art islamique signé Pei, les dhows (les bateaux traditionnels) attendent de prendre la mer.

Au pied du majestueux musée de l’art islamique signé Pei, les dhows (les bateaux traditionnels) attendent de prendre la mer. Image: EBZ

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Un peu plus discrète que Dubaï et Abu Dhabi, ses cousines tape-à-l’œil des Émirats, Doha rêve d’en finir avec son image d’éternelle escale, éphémère passage obligé où l’on finit par ne rester que quelques heures. À un peu plus de quatre années de la Coupe du monde de football qu’il accueillera en 2022, le pays connaît une profonde transformation grâce à un investissement monstre de quelque 200 milliards de dollars. Le Qatar est en pleine effervescence et tient à le faire savoir. Et à le montrer. À l’image de Doha, sa capitale, qui se veut désormais une destination touristique à part entière. Il faut dire que le confetti gazier, pas plus grand que la Corse et situé en bordure du golfe Persique, ne manque pas d’atouts. À commencer par son climat particulièrement agréable en cette saison. Dépassant facilement les 40 degrés en été au point de rendre le moindre déplacement suffocant, les températures oscillent, en février, entre 17 et 24 degrés. Idéal pour ceux qui rêvent de températures à deux chiffres pour les relâches de février. Chiffres à l’appui, de plus en plus de Suisses cèdent aux sirènes qataries. L’an dernier, la moins connue des capitales du Golfe a attiré près de 9000 détenteurs du passeport à croix blanche: un record.

Trottoirs climatisés

En février, la météo est donc idéale pour déambuler sur le front de mer de Doha, la Corniche, langue de terre en arc de cercle de 7 kilomètres où se dresse une véritable forêt de gratte-ciel plus futuristes les uns que les autres. C’est là, au pied de la skyline, faite d’enseignes de luxe et d’hôtels multi-étoiles, que les Qataris aiment flâner. Voir et être vus. On y croise aussi des joggeurs, des familles en goguette ou des touristes, regard rivé vers les rooftops pour les uns, vers la mer qui s’étend à perte de vue pour les autres. Une chose est sûre: la crise diplomatique entre le Qatar et ses voisins se vit très bien. Aucun autochtone interrogé sur la question ne semble en faire grand cas. Sur place, la sérénité domine. La preuve à The Pearl, vaste quartier créé à partir de rien sur un archipel d’îles artificielles. Dans un décor inspiré de Venise, qui n’est pas sans rappeler les délires architecturaux de certains hôtels de Las Vegas, ce voisinage aussi agréable que déroutant vaut le détour. Ne serait-ce que pour son Grand Canal ou alors pour fouler des trottoirs climatisés, l’une des subtilités démesurées de The Pearl. Ici, les marinas ne sont perturbées que par le clapotis que font les énormes yachts à quai. À quelques mètres de là, les enseignes aux noms prestigieux et boutiques de luxe respirent la même tranquillité.

Souk reconstruit à l’identique

Bref, à entendre les locaux, la crise diplomatique semble n’avoir de crise que le nom. «Si ce n’est une très faible baisse de la fréquentation observée l’été dernier, nous n’avons pas à nous plaindre. Quelques clients, saoudiens notamment, ne viennent plus, mais ils sont compensés par les Européens, toujours plus nombreux», confirme Thomas Fehlbier, directeur du Banana Island Resort, complexe hôtelier de luxe. Sur l’île artificielle accessible après 15 minutes de bateau au départ de Doha, il y en a pour tous les goûts: plage privée pour une journée baignade en famille, vague artificielle elle aussi pour les adeptes de surf, golf, tennis mais aussi location de maisons sur pilotis avec piscine privée, divers spas et espace wellness conséquent. Le tout dans une décoration de style arabe; les Qataris adorent. Au final tout de même un poil bling-bling, surtout dans le centre-ville, Doha n’en possède pas moins quelques petites pépites qui raviront les amoureux de charmes un peu plus authentiques. Au nord de la ville, sur le front de mer de West Bay, la quarantaine de bâtiments du quartier de Katara Village fait la part belle à la culture. Dans une architecture typique du Golfe, qui à elle seule vaut le déplacement, se mêlent des mosquées, des théâtres, des musées, un amphithéâtre – théâtre grec saupoudré de touches islamiques –, des restaurants aux mille saveurs et deux imposantes tours percées de centaines de trous, où nichent des pigeons. Enfin, comment ne pas citer l’immense Souk Wakif, qui compte parmi les endroits les plus dépaysants de Doha. Véritable cœur de la ville depuis des siècles où l’on se pressait pour acheter fines tapisseries, épices et bijoux, le souk est victime d’un incendie en 2003. Le tout sera rasé puis rebâti à l’identique, le confort du jour (électricité et air conditionné) en plus. Pour un résultat de bonne facture. Le quartier des faucons – une institution au Qatar – est toujours là, de même que l’âme du Souk Wakif. (TDG)

Créé: 10.02.2018, 13h57

Le désert en 4x4

Les fanas de sensations fortes apprécieront. En fin d’après-midi, dans les stations-service de la banlieue de Doha se déroule un curieux manège. On se presse aux portes du désert où l’on fait dégonfler ses pneus. Le but: rouler pleins gaz dans le sable, escalader les dunes et laisser glisser la voiture. L’occasion d’une virée à tombeau ouvert un peu surréaliste au soleil couchant, le long de la frontière (fermée) avec l’Arabie saoudite. Dès 80 francs.

Pratique

Qatar Airways propose des vols quotidiens au départ de Genève pour Doha sans interruption durant l’année. Duré du vol: environ six heures, dès 1060 fr. l’aller-retour trajet. Sur place, les hôtels ne manquent pas. Entre le Shangri-La (dès 200 fr. la nuit), qui reprend tous les codes d’un hôtel de luxe des établissements de référence, ou encore l’Hôtel Najd. Situé au cœur du Souk Wakif, il séduira les touristes en quête de décors orientaux.
www.qatarairways.com

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Le Human Brain Project avance moins vite qu'espéré
Plus...