Voyage avec Zanco dans le ventre du monstre

Spectacle itinérantLa compagnie théâtrale genevoise investit cette année un chantier de la rue de Lausanne et trois cours d’immeubles.

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Les passants s’agglutinent le long de la rue de Lausanne à hauteur du 27, des points d’interrogation plein les yeux. Il y a là un immeuble en construction-rénovation, une actrice en veste de lainage rouge qui déclame, un danseur, la marionnette de Jorge Luis Borges vieux et aveugle, soutenu par sa jeune compagne Maria Kodama, un projecteur jouant les poursuites et une troupe de spectateurs qui trottinent de cour en cour.

Parfois, les comédiens traversent la chaussée, portant à son comble l’étonnement de la rue. Le tram passe, les voitures font du surplace, les conducteurs pianotent, les touristes posent des questions, la pièce continue. On entend en arrière-plan le bruit des wagons qui entrent et sortent de la gare Cornavin, à deux pas.

«Un lieu en mutation»

La Cie Zanco garde le fil de son propos avec, cette fois encore, un spectacle itinérant, multiforme et évoluant dans l’espace public, Chantier_Racine#2. Après les grandes manœuvres d’aménagement des bords de l’Aire l’an dernier, elle investit cette fois un immeuble en devenir, à la rue de Lausanne. «Le chantier, c’est le ventre du monstre!» clame la narratrice. «Un chantier en pleine ville, c’est un lieu en mutation, une métaphore de la période incertaine que nous vivons: crise identitaire, migratoire, politique et économique», commente Yuval Dishon, de la Cie Zanco.

Pyromanes et fantômes

Partant de là, entre le passé en ruine et l’avenir à bâtir, entre chien et loup, tout est possible: Borges jeune et vieux assis sur le même banc, une bacchanale de monstres aux attributs exotiques, des pyromanes imaginaires, un joueur de luth burkinabé enchâssé dans un mur végétal et des livres, des pages, des mots que l’on dévore.

Escortés d’un fond sonore fait de grincements de bétonnières et sifflements de fraiseuses, les spectateurs passent d’une surprise à l’autre, d’une cour à l’autre. Tout l’intérêt du spectacle réside dans ce travestissement du paysage urbain. Un chantier, une cage d’escalier, un local technique, une cour sans charme particulier se muent par le jeu et la lumière en décors à la beauté saisissante.

«Chantier_Racine#2» Par la Cie Zanco, 27, rue de Lausanne, les 26 et 27 septembre à 19 h 30. Réservations au 022 340 57 37 ou par mail: zanco@zanco.ch

(TDG)

Créé: 21.09.2015, 17h52

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