Voix de Fête fait le plein sous l’égide de la jeunesse

FestivalPlus de 13 000 spectateurs ont été convaincus par une pléiade d’artistes francophones.

Un public nombreux samedi soir à la salle communale de Plainpalais pour le concert de Hoshi sur la grande scène.

Un public nombreux samedi soir à la salle communale de Plainpalais pour le concert de Hoshi sur la grande scène. Image: laurent guiraud

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Tous les grands festivals estivaux se ressemblent; les festivals à dimension humaine le sont chacun à leur façon. Cette assertion pourrait parfaitement s’appliquer au festival Voix de Fête, conclu par l’artiste La Pietà ce dimanche soir. Retour sur un événement qui s’ouvre chaque année à de nouveaux styles sans jamais désemplir.

Depuis vingt ans déjà, le festival qui s’était donné comme impératif de promouvoir l’expression musicale francophone fait danser le tout Genève avec pour seul outil une programmation toujours plus éclectique. Si les grands noms rattachés au festival restent Julien Doré, -M- ou Zaz, artistes ayant depuis confirmé leur statut de «stars» de la chanson française, Voix de Fête s’attache également à présenter des artistes aux styles plus pointus, visant ainsi un public populaire comme mélomane.

Parmi les sept salles que compte le festival, on retiendra surtout l’Alhambra, qui reste une référence à Genève en termes de confort et d’écoute. La salle, qui a vu des artistes aussi variés que Houdini (la trappe qui était censée cacher un éléphant que le magicien faisait disparaître pour son numéro le plus célèbre n’a été que récemment retirée lors des dernières rénovations), Mistinguett, Joséphine Baker ou Édith Piaf, accueillait cette année les performances tout en finesse de Bertrand Belin, Jérémy Frérot et Alexis HK notamment. Le lieu central du festival, la salle communale de Plainpalais, se prête davantage aux concerts plus dansants et populaires programmés, avec une cour intérieure constamment remplie, véritable lieu d’ancrage du festival, choisi par les festivaliers.

Que dire du public présent lors des six soirs du festival officiel? Si la foule est presque constamment affluente, force est de constater que les soirées s’enchaînent et ne se ressemblent pas. C’est en effet un monde (ou plutôt vingt ans) qui sépare le public de la soirée rap du festival ce vendredi, de l’audience plus familiale présente aux concerts du samedi soir. Au sein même de cette dernière soirée, les festivaliers peuvent facilement se distinguer en deux groupes: une jeunesse résolument branchée hipster d’un côté, venue assister aux concerts de Voyou ou Terrenoire, de l’autre, une foule beaucoup plus hétéroclite, légèrement plus âgée, visiblement présente pour les concerts de Sandor et Hoshi. Voix de Fête ne semble donc pas s’être constitué une base de fidèles présents chaque soir, un fait totalement compréhensible et justifié par le flot ininterrompu de festivaliers présents chaque soir. On peut en effet ramener cette polarisation du public à un mouvement plus général de la musique pop ces dernières années: on choisit son style et on s’y confine.

Toujours axée vers des choix populaires, on s’étonne justement cette année des genres rencontrés. De la chanson française humoristique des Fils du Facteur, au rap conscient de Georgio, en passant par le rock psychédélique frénétique des Limiñanas, la langue française déploie toutes ses facettes à travers ces artistes. Artistes d’origines variées car la francophonie dépasse de très loin les frontières de la France auquel, trop souvent, on la réduit. Cette année, l’événement a fait la part belle aux artistes canadiens. Rayannah, Florent Vollant ou Étienne Fletcher ont ainsi pu être découverts par un public enthousiaste au théâtre Pitoëff vendredi et samedi.

Enfin, Voix de Fête est indissociable de son pendant «off»; Bars en Fête. Le pendant gratuit du festival rencontre finalement un succès populaire tout aussi appuyé que son grand frère. Dans les rues de Carouge, Bars en Fête prend des allures de Fête de la musique avant l’heure en proposant des show-cases payés au chapeau à chaque coin de rue. On retiendra la chanteuse belge Clemix et son set de techno décomplexée dans le bar La Plage de Carouge, récemment doté d’un disquaire très joliment décoré dans son arrière-salle, et les Lausannois de La Bande à Joe, parmi une abondante liste d’artistes. Quel avenir pour le festival? On ne saurait que trop conseiller à la programmation de s’aventurer dans des choix artistiques toujours plus variés comme elle a su le faire lors de cette édition.

Créé: 24.03.2019, 18h59

Bilan en chiffres

Pour sa 21e édition, le festival a fédéré plus de 13 000 spectateurs, dont 5000 sur les concerts gratuits, dans sept salles et en six jours. Avec un pourcentage de remplissage des salles de 85%, Voix de Fête a vu 51 artistes et groupes défendre la langue française en musique, originaire de Belgique, France, Suisse ou Canada. De son côté, Bar en Fête a su faire danser Genève lors de douze soirées dans seize bars et cafés, avec l’aide de 26 groupes et artistes. Le tout assuré par 140 bénévoles. R.D.

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