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A Visions du Réel, l'autre Amérique de l'après Bernie Sanders

A Nyon, le Lausannois Lionel Rupp présente le film «A Campaign of their Own» sur la primaire du candidat démocrate malheureux.

«En cinq jours nous avons décidé de partir tourner aux Etats-Unis.» Lionel Rupp, jeune cinéaste lausannois secondé par le producteur Michael Mitchell, n’a pas hésité, en avril de l’an dernier, quand il a vu la cote de Bernie Sanders prendre l’ascenseur. «Il était dans son momentum, il venait de remporter 7 des 10 dernières primaires avant celle de New York – qui pouvait tout faire basculer – et était passé de 10% à 50% des intentions de vote.»

Porté par la dynamique inattendue de ce socialiste faisant irruption au pays de l’Oncle Sam, le film A Campaign of their Own, présenté ce week-end à Visions du Réel, ne se focalise toutefois pas sur le démocrate atypique mais sur ses troupes, ces Américains qui se prennent à rêver à un autre avenir. «Au fond, il y avait toute une génération post-68 que l’on croyait disparue et qui qui sortait de l’ombre grâce à un candidat qui leur donnait de nouvelles raisons d’espérer. Et si ça arrivait?»

En s’attachant à des militants qui ne ménagent pas leur peine pour soutenir leur champion et qui incarnent de manière touchante des idéaux sociaux, le film donne déjà à voir une communauté que l’on ne soupçonne parfois pas depuis l’Europe. Une gauche humaniste, intransigeante, qui finit d’ailleurs par se scandaliser de l’appel de leur héros à voter Hillary Clinton, vécu comme une compromission intolérable. A Campaign of their Own s’ouvre d’ailleurs sur l’investiture de Donald Trump au Capitole. Une façon de dire que les dés sont jetés et que l’intérêt du film ne réside pas dans un suspense électoral.

Après l’échec de New York – «un condensé de toute la bataille» –, la deuxième moitié du métrage explore l’avenir d’un mouvement qui s’était vécu comme révolutionnaire. «La défaite est un moment de cinéma fort, car elle ouvre plus d’explications qu’une victoire.» Après cet «ascenseur émotionnel» qui a aspiré les troupes de Sanders, le peuple qui l’a soutenu se cherche un avenir, avec l’espoir de garder l’impulsion et la structure qu’elle a suscitée. «Mais la question reste ouverte.» Malgré les dissensions qui réapparaissent aussi vite que le but concret s’éloigne.

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