Une ville de carton et de scotch en expansion s’invite au Forum Meyrin

RésidenceLe public pourra découvrir jusqu’à samedi deux artistes au travail, dans le cadre de l’exposition «Les Bâtisseurs».

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Découpant avec application des morceaux de scotch, Marcel Schmitz met la dernière main à la fromagerie modèle réduit qu’il vient de construire. Il ajoute encore quelques traits de feutre autour des fenêtres en plastique coloré pour que le bâtiment corresponde à la photo de son modèle, qu’il a sous les yeux. Ne reste plus qu’à lui trouver une place dans la ville de carton installée au milieu de l’exposition Les Bâtisseurs au Forum Meyrin. Pas facile, car l’espace est déjà bien rempli.

Et la cité va encore se développer lors de la résidence que l’artiste trisomique mène jusqu’à samedi à Meyrin. Armé de scotch, ciseaux, feuilles de plastique, colle et livres d’architecture, il donnera une nouvelle vie aux multiples emballages entassés à côté de sa table de travail. Largement de quoi agrandir l’installation commencée dans le cadre de la «S», atelier pour artistes handicapés mentaux près de Liège.

Passionné depuis toujours par l’architecture, Marcel Schmitz a d’abord créé des bâtiments brodés, dessinés, gravés. Puis il est passé à la troisième dimension, en découpant et assemblant des morceaux d’emballage recouverts de scotch. Peu à peu, l’ensemble a formé une véritable cité de carton, que son auteur a baptisée Fran Disco. Hommage à San Francisco, dont il admire le grand pont.

Dans Fran Disco, chaque édifice a son histoire. Le château Badrouille, inspiré du film La Grande vadrouille. Des Tour de Pise, tour Eiffel et autres Atomium de Bruxelles revisités. Un tunnel-église, un autre qui amène en vacances. Un bureau d’architecture derrière lequel se cache un chat emprisonné. Une structure en demi-sphère pour éclairer le ciel. Dans une cathédrale, on sort par un escalier qui arrive directement dans une piscine…

Dotée de routes, de voitures, d’avions et même d’une gondole, la cité semble dépourvue d’habitants. Les personnages de Fran Disco, c’est Thierry Van Hasselt qui les dessine. Invité à collaborer avec la «S», cet auteur de bande dessinée et éditeur a été fasciné par la production hors norme de Marcel Schmitz, qu’il a souhaité documenter. «J’ai commencé par faire des dessins d’observation de sa ville, raconte le dessinateur, également en résidence à Meyrin. Puis je l’y ai intégré avec ses personnages. Ensuite, il a commencé à dessiner lui aussi des figures, que j’ai réinterprétées. Il a une liberté de création incroyable. Notre dialogue nous a chacun amenés dans un registre que nous n’aurions jamais atteint seuls.»

Comme les villes dont elle s’inspire, Fran Disco ne cesse de grandir. Difficile de savoir quand elle va s’arrêter, même si Marcel Schmitz parle déjà d’en construire une autre. En carrelage, cette fois. Mais chez lui, la seule limite de la construction est l’imagination. Une denrée qu’il ne semble pas prêt d’épuiser.  (TDG)

Créé: 21.11.2013, 22h06

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