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Vernier mixe prestige et culture populaire

Reporté à 2019, le chantier de l’ambitieux «Campus» devrait aboutir en 2022. D’ici là, la commune consolide son offre familiale en brassant danse, humour et musique

Le futur Campus culturel de Châtelaine devrait voir le jour en 2022. Ici, une projection du projet lauréat «Entre 1 Voie Verte», imaginé par le bureau madrilène CCJVV.
Le futur Campus culturel de Châtelaine devrait voir le jour en 2022. Ici, une projection du projet lauréat «Entre 1 Voie Verte», imaginé par le bureau madrilène CCJVV.
CCJVV

Vernier, deuxième ville du canton, cinquième ville de Suisse romande. Commune populeuse autant que populaire. Et si Vernier était cet autre pôle culturel que réclame le bassin genevois en pleine expansion?

Il faut voir le programme de saison, annoncé il y a quelques jours: l’offre 2018-2019, comme les précédentes, brasse large, de la danse à la musique, de l’humour au cirque, en mettant l’accent sur le public familial. Soit une trentaine de soirées, du théâtre tous publics de la Cie Zapoï (poétiques «Moustaches» en novembre) au fado chic de Fábia Rebordão (mars 2019). Sans oublier le copieux volet classique et baroque (lire ci-dessous). Dire qu’il n’y avait que huit spectacles à l’affiche il y a de cela dix ans! Et Vernier cartonne. Malgré les aléas financiers de la commune. Avec 850 000 francs de budget – et une petite coupe de 40 000 francs au sortir du difficile exercice 2017 – le coût de la saison reste particulièrement bas. Et les prix d’entrée bon marché.

Une salle à 1500 places

Vernier a des ambitions culturelles. C’est d’autant plus remarquable quand on sait l’offre pléthorique du canton. Vernier qui doit assurer le coup. Son projet de centre culturel est en marche, annoncé dans un premier temps pour la fin de 2018. Aux dernières nouvelles, le chantier devrait démarrer courant 2019 et l’infrastructure ouvrir ses portes au début de 2022. Coût global des travaux: entre 130 et 140 millions de francs, en hausse par rapport à l’estimation initiale de 120 millions.

Le centre culturel de Châtelaine, rebaptisé Campus, comprendra deux salles de spectacle, de 150 et 400 places assises, la plus grande pouvant accueillir jusqu’à 1500 personnes debout. Également 350 chambres d’étudiants, deux restaurants, un hôtel et trente salles de répétition. Les cours du CFC danse contemporaine y prendront place. «La Commune, rappelle Pierre Ronget, magistrat PLR en charge de la Culture, a créé une fondation de droit privé, la Fodac – Fondation pour le développement des arts et de la culture, dont je suis l’actuel président – chargée d’imaginer le centre, de le construire, le gérer et assumer le programme culturel de la Ville de Vernier.» Programmation qui restera financée par Vernier. Pour le reste, la Fodac devra chercher des fonds privés. «C’est un pari audacieux», admet Pierre Ronget.

Former les jeunes danseurs

Un centre culturel en devenir. Une affiche déjà cossue. Imaginez l’un dans l’autre: la perspective d’un développement inédit, d’une image de haut lieu de la culture devient alors plausible. Pourtant, bien des questions se posent. À commencer par la concurrence entre communes: Thônex, Meyrin, Onex, Plan-les-Ouates et Vernier: l’offre culturelle est devenue pléthorique ces dernières années. Est-il raisonnable d’y ajouter un nouveau projet immobilier?

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«Concertation il y a entre les communes», soutient Pierre Ronget. Vernier aime la danse? Pour autant, le Campus ne fera pas doublon avec le futur Pavillon de la danse? Les deux projets sont complémentaires, argue Pierre Ronget: au Pavillon, la salle de spectacle; à Châtelaine, la pédagogie. «À Vernier, on pourra également accueillir des compagnies en résidence, y créer de nouveaux spectacles qui seront, ensuite, présentés au Pavillon.» Logique. Cohérent. «Les communes l’ont compris», s’enthousiasme le magistrat verniolan, qui en veut pour preuve ce crédit accordé par le fonds intercommunal, 5 millions de francs pour le chantier du Campus. «Cette salle a un rôle à jouer. La culture participe de l’image de marque de Vernier. C’est aussi un moyen d’intégration des populations, de rencontre également.»

Un élément du futur centre attire en particulier l’attention. Les 1500 places debout de la plus grande des deux salles. Exactement la capacité nécessaire pour programmer des concerts de moyen gabarit. Or, dans le canton, seules la salle des fêtes de Thônex (1700 places) et celle actuellement utilisée par Vernier, la salle des fêtes du Lignon (1600 places), rivalisent avec le projet. De quoi stimuler le marché des concerts à Genève? «Ce qu’il manque à Genève, c’est une salle de 3000 places», note Vincent Sager, directeur de l’agence de concerts et spectacles Opus One. Dans ce cas, ce n’est pas à Vernier, mais dans le futur quartier Praille-Acacias-Vernets qu’il faut prospecter. Vernier, cependant, a l’avantage d’exister. Ce sont, également, des collaborations fructueuses, avec Les Créatives, avec La Bâtie, avec Antigel également. Le festival d’hiver tient du reste son QG dans la commune. À Vernier, la culture est également hors les murs, dans les bibliothèques notamment.

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