Venise pour l’éternité

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Le plus vieux festival de cinéma du monde demeure un paradoxe. Jusqu’à récemment, la Mostra de Venise, fondée en 1932 par le président de la Biennale de l’époque, avait la réputation d’être moribonde. Infrastructures désuètes, financement désastreux, concurrence d’autres festivals, dont Toronto, qui ne cesse de grossir. Sans compter une couverture médiatique de plus en plus rachitique, exception faite des médias transalpins, tous présents, sites Internet compris. Comment Alberto Barbera, actuel directeur de la Mostra, a-t-il inversé la donne? En prenant le taureau – pardon, le lion! – par les cornes, a-t-on envie de répondre. Tout d’abord en rénovant le site du festival, plus spacieux, plus pratique, agrémenté de nouvelles salles, avec le sentiment que la manifestation possède enfin un axe central. Puis en trouvant un arrangement avec Toronto autorisant un partage à l’amiable des films, qui ne se tirent plus la bourre pour être projetés en exclusivité ici plutôt qu’ailleurs. Ensuite le prestige fait le reste. Venise attire toujours les stars, surtout les américaines, qui continuent à venir en délégation. On l’a vu cette année avec Jane Fonda, Robert Redford, George Clooney, Ethan Hawke, Julianne Moore ou Matt Damon. Le lustre de la Mostra demeure aussi cette vitrine d’un grand cinéma d’auteur qui vient mine de rien juste après Cannes. Quels festivals peuvent se targuer d’une sélection incluant Guillermo del Toro, Wiseman, Kechiche, Schrader, Guédiguian, Clooney, Arronofsky, Kore-eda, Frears, Ferrara, Friedkin, Kitano et John Woo? Hormis Cannes, on ne voit pas, même si ce dernier fait son marché avant. Enfin, et c’est tout sauf un détail, Barbera a ouvert la manifestation à d’autres genres, telle la réalité virtuelle (Venice VR), bien plus qu’une section parallèle durant cette édition. La Mostra fêtera ses 75 ans en 2018. En attendant, elle est redevenue cette année un événement incontournable. (TDG)

Créé: 10.09.2017, 17h34

Pascal Gavillet,
Rubrique Culture

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