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Elle veille sur le FIFDH

Isabelle Gattiker dirige le festival, qui débute ce soir

Isabelle Gattiker, directrice du FIFDH: «Ce monde est atroce, mais il n’empire pas.»
Isabelle Gattiker, directrice du FIFDH: «Ce monde est atroce, mais il n’empire pas.»
LAURENT GUIRAUD

Il y a seize ans, Léo Kaneman fondait le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH). Aujourd’hui, c’est la manifestation de cinéma qui attire le plus grand nombre de spectateurs à Genève. À sa tête depuis quatre ans, Isabelle Gattiker reste sereine. Fort d’une programmation plus riche que jamais, le festival débute ce vendredi 9 mars et dure jusqu’au 18 mars. Il sera tentaculaire et éclectique. On a rencontré sa directrice pour en parler.

Les réseaux sociaux jouent un rôle grandissant au festival. Qu’en sera-t-il cette année?

Comme c’est le cas depuis cinq ans, on transmet nos débats en direct sur le Net. Et les gens peuvent réagir sur Twitter via différents hashtags. Cela marche extrêmement bien. Cette année, je suis sûre que tous les débats sur l’intersexe seront très suivis.

Vu la notoriété du festival, il doit être de plus en plus facile d’avoir des films et de convaincre des invités, non?

Il y a quand même un énorme travail. Convaincre un invité peut prendre des années. De plus, les manifestations comme la nôtre sont de plus en plus nombreuses.

L’affiche du FIFDH est intrigante et on a le sentiment que le festival s’interroge davantage sur l’image.

Le point de départ de cette affiche, c’est Yves Klein et son Saut dans le vide. Nous avions envie qu’elle intrigue, qu’elle interpelle. Nous avons par ailleurs une soirée dédiée aux images.

Comptez-vous relayer l’affaire Weinstein?

Ce sera indirect. Il y aura un débat après le film A Better Man, qui traite du harcèlement sexuel. Sinon, le festival a toujours été fondamentalement féministe. Différents débats en rapport avec le thème auront lieu.

Avez-vous le sentiment que notre monde est de pire en pire?

Non. Il est difficile, atroce, nous sommes bombardés d’images épouvantables. Mais en même temps, nous sommes davantage au courant, il y a une prise de conscience. Je pense que ce monde est stable, mais qu’il n’empire pas.

Pourquoi avez-vous choisi «Fortuna», du Lausannois Germinal Roaux, en ouverture du festival?

J’adore ce film. Il a une originalité formelle incroyable et parle des migrants d’une manière si subtile. Son regard est à la fois sociétal, religieux, philosophique. Le choix de ce film a été évident. Il est d’ailleurs aussi en compétition. Germinal faisait partie du jury il y a deux ans. C’est un ami du festival. Il y avait donc aussi une volonté de sa part de faire sa première suisse au FIFDH.

Le cinéaste philippin Lav Diaz sera l’un des hôtes du festival par le biais de la HEAD. Comment se passe la collaboration avec celle-ci?

Nous avions déjà eu une très belle collaboration en 2017 autour de l’œuvre de Brillante Mendoza. La venue de Lav Diaz est une initiative de Jean Perret, responsable du département cinéma. Le trophée du FIFDH a lui aussi été créé par un ancien élève, suite à une mise au concours.

FIFDH, du 9 au 18 mars www.fifdh.org

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