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Les vaisseaux fantômes de l'Antarctique

Le photographe genevois Pierre-Alain Folliet a ramené des mers australe de superbes images de glaciers.

Pierre-Alain Folliet

Sa stature affilée navigue gravement sur les flots sombres. Le long de ses flancs, on distingue les rides profondes qu’a gravées dans ses glaces un lent voyage muet à travers les millénaires. C’est l’iceberg dans toute sa hiératique majesté qu’a capté l’objectif de Pierre-Alain Folliet au large de l’Antarctique en novembre 2016. D’un périple de trois semaines en terres australes, le photographe genevois a rapporté une série d’images remarquables, qui sont à voir à la galerie Art Dynasty, aux côtés de travaux réalisés dans les Monts jaunes chinois ou le désert de Liwa, dans l’émirat d’Abu Dhabi.

«Depuis toujours, je rêvais de faire les icebergs», avoue celui qui ne se consacre pleinement au 8e art que depuis quelques années, après une carrière dans la banque. Pierre-Alain Folliet a mitraillé ces colosses détachés des glaciers depuis un bateau conduit par un équipage russe, dans des conditions météorologiques et techniques délicates. «Le temps change en permanence. Deux centimètres sur une carte équivalent à deux jours de navigation, dans des circonstances parfois dantesques. J’ai dû prendre les deux tiers de mes photos sans trépied.» L’immensité de l’océan, toutefois, est spectaculaire, et les rencontres avec les monstres de glace saisissantes: «Soudain, après des heures, l’iceberg apparaît, silencieux comme un vaisseau fantôme. Il a presque une âme, c’est frappant.»

Le cliché a été pris en fin d’après-midi, en pleine mer, au bénéfice d’une relative clémence des éléments. Rien, dans l’image, ne permet de deviner la carrure du géant: 120 mètres de haut pour environ 600 de long. D’ailleurs, la perte d’échelle est l’un des aspects les plus fascinants d’une expédition dans cette région du globe. Ainsi de la relation au temps: l’ample bloc de glace a traversé les siècles mais erre, pourtant, comme un vieil éléphant, vers sa fin inéluctable.

Antarctica blues & much more

Jusqu’au 10 mars chez Art Dynasty, 23 Grand-Rue. artdynasty.ch

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