Trois jeunes peintres offrent une vision contemporaine du portrait

ExpositionLa galerie Air Project présente les travaux poétiques et introspectifs d'un trio d'artiste émergents.

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C’est une discipline ancestrale à laquelle les pinceaux les plus actuels continuent de mesurer leurs ambitions. Selon Pline l’Ancien, le portrait serait même à l’origine des arts plastiques. Il constitue, pour quiconque se pique de dessin, un passage obligé et offre la possibilité sans cesse renouvelée de traduire l’autre ou soi-même jusque dans la plus essentielle des intimités. Pour «Attitudes», actuellement présentée à la galerie Air Project, trois jeunes talents se sont prêtés au thème imposé du portrait, le déclinant selon leur sensibilité, les particularités de leur pratique et de leurs univers esthétiques.

Contrairement aux deux autres artistes avec lesquelles il partage les cimaises, l’Anglais Alex Foxton n’est pas peintre de formation. Mais ce styliste diplômé de la Central Saint Martins de Londres doit à son cursus une capacité étonnante à croquer les silhouettes. «Il travaille chez Dior à Paris, explique Yasmine Lavizzari, directrice de la galerie. Je suis tombée sur l’un de ses dessins qui m’a évoqué l’univers de Cocteau et lui ai proposé d’exposer pour la première fois.» Le designer britannique a réalisé la majorité de ses œuvres spécialement pour «Attitudes», parfois sur place. Mélangeant plâtre, huile et laque, ses toiles aux teintes acidulées, pleines de tons roses, figurent uniquement des hommes, dandys lascifs aux poses troublantes jusqu’au kitsch. Très documentée, la peinture d’Alex Foxton cite Balthus, Matisse ou Schiele tout en conservant sa voix propre.

C’est plutôt vers l’hyperréalisme que se porte le trait virtuose et graphique de Charlotte Hopkins Hall. Le travail de cette artiste née à Genève en 1979, déjà cotée sur le marché, constitue la proposition la plus aboutie de l’accrochage. Plusieurs tableaux représentent un personnage féminin de dos sur fond blanc – des autoportraits à rebours du selfie – vêtu d’un chemisier rayé. Aux mèches blondes de la longue chevelure répondent les zébrures souples du tissu, et l’absence de visage ménage, paradoxalement, une grande place à l’émotion. Comme si ces œuvres très introspectives conviaient le spectateur à y projeter sa propre poésie. La Genevoise, qui vit en partie à Londres, présente aussi «Paradise lost», une série de délicates miniatures conçues à l’aide de feuilles d’or héritées de sa grand-mère.

La toute jeune Lise Stoufflet complète le panel d’«Attitudes». Le calme qui se dégage de ses portraits en plan serré semble n’être qu’apparent, pour tendre vers l’étrange. Gouttes, bateaux, étoiles ou serrures: des tatouages sibyllins marquent les peaux roses des sujets aux yeux clos, fruits de rêves ou histoire à inventer par celui qui les contemple.

«Attitudes» Jusqu’au 22 juin à la galerie Air Project, 11, quai du Cheval-Blanc. Ma, jeu, ve 14 h-18 h. www.airproject.ch (TDG)

Créé: 04.06.2018, 18h09

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