Trois créations cohabitent dans un «Présent continu»

PluridisciplinaireAu Théâtre du Galpon, cinq artistes genevois tissent trois pièces sans début ni fin autour du thème de la mémoire.

Aïcha, Émilie et Ali dansent «Là», solo de groupe.

Aïcha, Émilie et Ali dansent «Là», solo de groupe. Image: ELISA MURCIA ARTENGO

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Imaginez un peu: l’œuvre prend vie devant vos yeux. Trois heures durant, elle évolue avec vous, se sécrète elle-même, puis s’éteint tandis que vous tournez les talons. Vous aurez été la gâchette, elle la munition; le Galpon, lui, aura fait office de canon. Divisez «l’œuvre» par trois, placez la signature de cinq artistes sous la triplette en cours, vous obtiendrez le bien nommé «Présent continu», à découvrir cette semaine au Galpon.

Poser qu’un art vivant ne frémit que sous le regard de son public tient du truisme. Avec «Déjeuner de soleil», «Là» et «Blanc mémoire», un dispositif est pensé pour intégrer le phénomène au plus concret: fermées auparavant, les portes du théâtre s’ouvrent à 19 h (17 le dimanche), les spectateurs investissent l’espace alors même que les pièces s’y déroulent en parallèle, y circulent librement, repartent quand bon leur semble, mais au plus tard à 22 h (20 le dimanche), quand l’expérience du jour se clôt tranquillement.

Avec le thème de la mémoire pour fil rouge général, le premier des trois titres réunit la chorégraphe Marion Baeriswyl et le créateur sonore D.C.P. autour de la notion de dilatation du temps. «I am contemplating», au présent continu. Conçue par Aïcha El Fishawy, la deuxième création engage trois danseurs d’expertise diverse (Émilie Cupelin, Ali Darvischi et la susdite instigatrice) au gré d’un flux où l’interprétation cherche son impossible réinterprétation, et où l’identité ne se construit qu’en se déconstruisant. Au présent continu: «I am moving». Enfin le «Blanc Mémoire» réalisé par la chorégraphe et pédagogue Manon Hotte (cofondatrice, avec Marion Baeriswyl et Aïcha El Fishawy, du Projet H107 né des cendres de son ex-compagnie Virevolte) ainsi que la photographe et metteure en scène Dorothée Thébert compte sur la participation de l’assistance pour enrichir des archives «in progress». «I am documenting», au présent continu.

Le message d’accueil de Nathalie Tacchella, codirectrice des lieux avec Gabriel Alvarez? «Dans le cadre de cette composition tripartite, des artistes préoccupés de transmission réfléchissent, chacun dans son langage, à la façon dont s’élabore, non seulement une création, mais aussi sa mémoire. Au présent, avec le public.»

«Présent continu» Th. du Galpon, jusqu’au 27 mai, 022 321 21 76, www.galpon.ch

Créé: 22.05.2018, 18h42

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