Trio de visions photographiques sur la ville de Genève

ExpositionLe Centre de la photographie présente trois artistes romands qui ont porté un regard spécifique sur la cité la plus internationale de Suisse.

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Des devantures par dizaines, une plongée fantômatique au coeur du Palais des Nations et une dérive poétique jusqu’aux frontières de la cité. Voilà le trio de points de vue subjectifs sur Genève que regroupe le Centre de la photographie (CPG) avec ça c’est genève! THIS IS GVA!. Réalisés parfois sur plusieurs années, sans être le fruit d’un quelconque mandat, les travaux de Francis Traunig, François Vermot et Alain Julliard offrent une vision impressionniste de la ville. «Au fond, ce sont des commandes que les photographes se sont faites à eux-mêmes, résume Joerg Bader, directeur du CPG. Et c’est ça qui rend les choses intéressantes.»

L’exposition s’ouvre avec une vaste série imaginée par le Genevois Francis Traunig. Près de 200 clichés tirés en petits formats recouvrent avec une rigueur géométrique deux pans de mur, figurant de façon obsédante le même sujet: des devantures de commerces, de toutes espèces et de tous styles. Des boutiques de souvenirs côtoient des salons d’esthétique, les enseignes de luxe voisinent avec des restaurants, des laveries avec des arcades à louer. Sur le mode de l’inventaire, le photographe dresse un portrait urbain et cosmopolite, voyageant dans les strates d’une société qui pratique aussi bien le sac Vuitton que les kebabs et où l’on propose invariablement aux touristes des montres et du chocolat. Plutôt que de masquer les reflets à l’aide d’une tenture noire, Francis Traunig se joue de l’effet miroir, s’invitant parfois dans la vitrine. Une mise en abîme pleine d’humour, quand on sait qu’il possède, aux Pâquis, une boutique de prêt-à-porter pour messieurs baptisée «Père et Fils, mode et chaussures pour hommes».

Corridors et moquettes fatiguées

Dans la salle adjacente, François Vermot, seul Fribourgeois du trio, propulse le spectateur à une autre extrémité du spectre des réalités genevoises: les organisations internationales. C’est même de la mère d’entre elles toutes qu’il a choisi d’explorer le ventre, en promenant son objectif entre les murs du Palais des Nations. «Il a eu le flair de fixer en images l’intérieur des bâtiments juste avant les grands travaux de rénovation commencés en octobre pour cinq ans», souligne Joerg Bader. Point de couloirs grouillants de hauts fonctionnaires ou de salles de conférence truffées des puissants de ce monde dans la proposition du jeune artiste. Il s’est plutôt attaché à immortaliser des auditoires vides, des ordinateurs à l’abandon ou d’interminables corridors garnis de moquettes fatiguées, captant, à travers le mobilier et les aménagements, les différentes époques et presque septante ans de design. Une habile façon de cartographier l’histoire, comme en atteste cette photo d’urinoirs dans des toilettes tout en marbre, témoins de fastes révolus.

C’est également le principe de la flânerie qu’a adopté Alain Julliard pour l’ensemble Murmure aveugle. Poussant la promenade jusqu’aux confins physiques de la cité – autoroutes, Arve, parcs. Son œil précis révèle des perspectives inattendues, telle cette vue, depuis le guépard en bronze du parc du Muséum, sur la grande roue lorsqu’elle a brièvement trôné, en été 2009, à la place Sturm. Avec des panoramas urbains fort éloignés de la carte postale, le photographe documente aussi certains états douloureux de la ville, comme l’immense chantier qui a défiguré la rue de Coutance il y a neuf ans.

«ça, c’est genève!» Jusqu’au 13 mai au Centre de la photographie, 28 rue des Bains. Ma-di 11 h-18 h. www.centrephotogeneve.ch (TDG)

Créé: 09.03.2018, 16h25

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