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Tout, tout, tout sur l’inépuisable Romy Schneider

Guillaume Poix honore la commande que lui a passée Le Poche d’adapter à la scène le film culte «La Piscine».

L’Ensemble (moins une) entame une pièce dans la pièce: l’adaptation, fictive, de «La Piscine» par Elfriede Jelinek.
L’Ensemble (moins une) entame une pièce dans la pièce: l’adaptation, fictive, de «La Piscine» par Elfriede Jelinek.
SAMUEL RUBIO

Aucun membre de l’équipe embarquée pour «La Côte d’Azur» n’était né en 1969, à la sortie du film qui l’a instiguée. Du commanditaire Mathieu Bertholet à l’auteur Guillaume Poix, de la metteure en scène Manon Krüttli aux comédiens de l’Ensemble, tous abordent «La Piscine» comme un mythe, sa vedette Romy Schneider comme une sirène – autrement dit dans un décalage assumé.

Contournant l’écueil qui aurait consisté à transposer telle quelle l’œuvre de Jacques Deray à la scène, Guillaume Poix entreprend de composer un texte fleuve, un débordement de piscine, une «conversion de la technique cinématographique en syntaxe», sur le mode du flux de conscience. Bordée par deux monologues à haut débit comprimant des propos que l’actrice franco-allemande a effectivement tenus, sa partition en compile soixante et un autres, imaginaires ceux-là, attribués tantôt aux partenaires de Romy, tantôt aux personnages de Schneider. Pour un total de 63, équivalant au nombre de rôles que compte sa filmographie. Au plus profond du bassin, le dramaturge insère aussi une pièce gigogne, réécriture pastichée de «La Piscine», faussement imputée à l’Autrichienne Elfriede Jelinek (Prix Nobel de littérature 2004), elle-même intitulée «La Côte d’Azur»…

Pour éviter la tasse, Manon Krüttli décide de répartir en deux «scénarios» ces «plans séquences», et d’en alterner les représentations. Le public verra l’une, l’autre ou les deux versions cumulées. La mémoire des Nadim Ahmed, Christina Antonarakis, Rébecca Balestra, Julie Cloux, Baptiste Coustenoble et Fred Jacot-Guillermod qui forment le fameux Ensemble s’en voit submergée à son tour. Quatre abondants livrets à retenir sur trois mois, c’est trop. Aussi doivent-ils recourir à la lecture sur de longs passages du script. D’autres fois, ils sont aidés par leur souffleur, également assistant à la mise en scène, Joël Hefti.

Si ces béquilles signalent les limites de tout contenant mnésique, elles ne portent en rien préjudice au spectacle. Au contraire, l’antisèche ajoute à la distance, à l’humour nécessaires à pareil épanchement. Aux écrans de projection, à la vidéo live, au «tissu de citations», la mascogne se juxtapose sans causer de rupture. Reconnaissons-le, elle s’intègre mieux au projet que le décor signé Valeria Pacchiani, commun aux trois titres de ce début de saison. On ira même plus loin: si ce n’est pour assurer la continuité thématique et scénographique d’une saison de théâtre, pourquoi diable se prendre de passion en 2018 pour Rosemarie Magdalena Albach, dont le 80e anniversaire de la naissance, certes, se célèbre cette année?

«La Côte d’Azur» Le Poche, jusqu’au 16 déc., 022 310 37 59, www.poche---gve.ch.«La Piscine» sera projetée ve 7 à 19 h aux Cinémas du Grütli, www.cinemas-du-grutli.ch

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