Tonquédec et ses poules face à la crise

CinémaLe comédien a dû suivre un stage agricole pour ce rôle

Guillaume de Tonquédec: «Le fait que ce récit soit construit avec des poules, et non d’autres animaux, a fortement pesé dans ma décision.

Guillaume de Tonquédec: «Le fait que ce récit soit construit avec des poules, et non d’autres animaux, a fortement pesé dans ma décision. Image: LUCIEN FORTUNATI

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L’homme est populaire. Depuis le carton plein de la série «Fais pas ci, fais pas ça», dans lequel il tenait le rôle récurrent de Renaud Lepic, dix ans de diffusion pour neuf ans de tournage, on le reconnaît dans la rue et il se dévoue au rituel des selfies avec une bonne volonté désarmante. La preuve? Lorsque nous l’avons rencontré, il y a quelques jours, dans un café de Genève, pour la promotion de «Roxane», plusieurs personnes lui ont demandé de se faire prendre en photo avec lui. Ce qu’il a chaque fois accepté avec la plus grande amabilité. L’homme est populaire, donc, et c’est également un vrai gentil. Aussi avenant que dans ses rôles, très présent dans le dialogue, et sincèrement heureux d’avoir tourné avec des poules pour les besoins de «Roxane». «J’ai eu un coup de foudre absolu pour le scénario», nous déclare-t-il d’emblée. «Je l’ai dévoré de A à Z. Et lorsque j’ai rencontré la réalisatrice, je l’avais déjà entièrement annoté. Je trouvais cette histoire originale et touchante, d’autant plus que c’est un secret que le héros ne révèle pas.»

Docteur ès poules

Il s’agit en effet de l’histoire d’un petit producteur breton d’œufs qui ne se sépare jamais de sa poule la plus fidèle, Roxane. Et pour garantir le bonheur de ses gallinacées, il leur déclame chaque jour des tirades de la pièce d’Edmond Rostand, «Cyrano de Bergerac». Face à la pression économique et aux menaces de fermeture que les grands groupes industriels font planer, il va avoir une idée, pour sauver sa ferme et sa famille: faire le buzz sur internet. C’est assez simple et basique, mais plutôt efficace. Et permet surtout au film d’échapper à ce genre rebattu de la comédie à la française pour se réorienter vers une forme de comédie sociale qui est en général plutôt l’apanage des Anglo-Saxons. «Le fait que ce récit soit construit avec des poules, et non avec d’autres animaux, a fortement pesé dans ma décision d’accepter le film. La rencontre avec Mélanie Auffret, la réalisatrice, m’a définitivement convaincu. Après, il faut savoir qu’elle m’a imposé un stage agricole d’une semaine. J’ai rencontré de nombreux agriculteurs, je suis devenu docteur ès poules. Moi le citadin, je dois dire que j’ai adoré ça. Et le pire, c’est que ça s’est très bien passé, au contraire de ce que prétendait un Mastroianni.» De mémoire, Guillaume de Tonquédec cite le grand comédien qui déclarait que le pire, c’était de tourner avec des enfants ou des animaux, car ils volent toujours la vedette. «Le tournage l’a contredit, du moins sur ce dernier point. Je ne sais pas si Mélanie a proposé ce rôle à d’autres acteurs, mais une chose est certaine: je ne voulais en aucun cas ne pas le faire. La nécessité du film est devenue la mienne. Je me suis senti une sorte de responsabilité. Il était par exemple hors de question de faire de la caricature. En plus, ce que j’ai réellement apprécié, c’est qu’il s’agissait d’un rôle qui m’a demandé de me dépouiller d’un certain savoir-faire.»

«Le Prénom» a tout changé

Un savoir-faire qui a tout de même permis à Guillaume de Tonquédec d’enchaîner les rôles depuis une vingtaine d’années et même de remporter un César du meilleur second rôle pour «Le Prénom», en 2012. «Ce César, c’était une étape fondamentale. Ce film a changé ma vie. Il a marché et en plus, a fait un carton plein aux César avec cinq nominations, ce qui est extrêmement rare pour une comédie.»


Quatre questions à la cinéaste Mélanie Auffret

Mélanie Auffret: «J’ai bluffé le producteur du film.» Photo: Lucien Fortunati

Jusque-là inconnue au bataillon, Mélanie Auffret affiche une détermination qui force l’admiration. Tout a commencé en effet par un coup de bluff. Après avoir signé un court-métrage remarqué, des producteurs la contactent pour savoir si elle a un projet de long.

Et là, que leur avez-vous dit?

Que j’avais bien un projet, alors que ce n’était pas le cas. J’avais environ deux semaines et demie pour trouver quelque chose. Au début, je pensais simplement étirer mon court-métrage, le rallonger. Il a finalement fallu que je parte à la recherche d’une vraie idée.

Pourquoi avoir situé votre intrigue en milieu agricole?

Parce que c’est de là que je viens. Mon père venait de ce milieu, il avait une exploitation agricole, même s’il s’en est finalement éloigné pour faire autre chose.

Revenons un peu en arrière. Comment aviez-vous pu réaliser votre premier court-métrage?

J’ai débarqué à Paris en 2011, j’avais zéro contact. J’ai quand même réussi à décrocher un stage et, de fil en aiguille, à me retrouver sur différents plateaux. C’est comme ça que j’ai obtenu une bourse pour une école.

Pour «Roxane», comment avez-vous pensé à Guillaume de Tonquédec?

Il m’est venu très vite à l’esprit. J’avais besoin d’une personne gentille et bienveillante. Ensuite, la manière dont il défendait le rôle en m’en parlant était la bonne. C’était le porte parole que je voulais pour cette histoire. P.G. (TDG)

Créé: 11.06.2019, 19h01

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