Le Théâtre du Grütli renommé, repensé, rénové

Saison 2018La nouvelle direction abat ses cartes avant d’entamer une ère fondée sur l’aide aux artistes.

Nataly Sugnaux Hernandez et Barbara Giongo, accordées comme la layette de jumeaux dizygotes, posent devant leur fief.

Nataly Sugnaux Hernandez et Barbara Giongo, accordées comme la layette de jumeaux dizygotes, posent devant leur fief. Image: GEORGES CABRERA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ce dimanche 1er juillet, Barbara Giongo et Nataly Sugnaux Hernandez entrent officiellement en fonction à la tête du Théâtre du Grütli, succédant à l’artiste Frédéric Polier. Jusqu’ici chargées de production, les deux administratrices ont convoqué la presse quatre jours plus tôt, mercredi, pour dévoiler leur projet dans sa réalisation concrète.

Le «concret» recoupe précisément le terrain d’action du binôme. Aider les troupes indépendantes en leur servant de «boîte à outils»: telle sera sa mission. Renouant ainsi avec la raison d’être initiale d’une institution dévolue aux indépendants. Et mettant à profit les savoir-faire acquis, le réseau tissé, pour l’une au sein de la compagnie de l’Alakran, emmenée par Oscar Gomez Mata, pour l’autre auprès de la Cie Yan Duyvendak.

Le centre aura son bureau…

Au 2e étage de la Maison des arts, les deux contremaîtresses portent des robes d’été en guise de bleus de travail. À leur lutrin, elles s’expriment sans chichi. Contre le mur, derrière elles, leur affiche arbore une identité visuelle moins esthétique qu’efficace: foin d’images, le graphisme se contente de répéter la nouvelle dénomination du lieu: le Grütli - Centre de production et de diffusion des arts vivants.

«Nous voulons adapter le site aux productions qui s’y montent, et non le contraire, clament Barbara et Nataly. Ici, chaque objet dictera sa loi de travail et de représentation.» Quant à la diffusion, également soulignée par l’intitulé, elle sera «pensée dès la conception des projets par les compagnies elles-mêmes», résume le tandem.

Concrètement, encore, les codirectrices ont mis sur pied un Bureau des compagnies censé soutenir et conseiller les artistes à chaque stade du processus créatif. Une permanence y sera assurée par l’équipe du théâtre un jour par semaine, dans le large corridor du second niveau du bâtiment, où des espaces de travail seront ménagés. «À terme, ce couloir permettra de mutualiser les forces. Il devrait acquérir sa vie propre en tant que lieu d’échange durant les mois à venir.»

Placer la création au centre d’un théâtre n’est pas sans conséquence. Le principe implique que les équipes artistiques partagent la vie des employés administratifs pendant un bon mois et demi, le temps de la gestation. Il limite le nombre de productions par année, sans quoi le plateau serait monopolisé par les répétitions. Il exige enfin une exploitation écourtée des accueils ponctuels, afin de libérer la scène au profit des créateurs plus sédentaires.

À l’autre bout de la chaîne, les nouvelles copilotes s’alignent sur leur consœur Sandrine Kuster, à Saint-Gervais, en adoptant une politique tarifaire très incitative. «On essaie; si ça ne marche pas, on change», lancent-elles sans prétention.

… sa bibliothèque et sa philo

Parce qu’elles estiment que «la communication doit se mettre au service des artistes, et non l’inverse», les programmatrices n’ont pas souhaité les corseter par un calendrier contraignant. Aussi, elles annoncent aujourd’hui leur première de trois «minisaisons», qui courra de septembre à décembre 2018. L’horaire des séances fluctuera selon les propositions.

Outre deux alléchantes coproductions avec La Bâtie («Happy Island» de Maria La Ribot et «Paysage intérieur brut» de Barbara Schlittler), outre des collaborations à foison avec la Fête du théâtre, le festival LGBT Everybody’s Perfect, le Geneva International Film Festival ou la Biennale de l’image en mouvement, on se réjouit surtout de découvrir deux concepts inédits. La «Bibliothèque de projets non achevés» qu’agenceront Bastien Semenzato et Céline Nidegger déploiera une fois par mois, sous forme d’interviews, les embryons avortés, les utopies abandonnées et autres désirs réprimés d’artistes locaux. Tandis que le laboratoire sériel «Le Cogitoscope» verra sur quatre épisodes se confronter Jean-Louis Johannidès et Vincent Coppey sur des sujets philosophiques tour à tour abyssaux ou… concrets.

Le Grütli - Centre de production et de diffusion des arts vivants Programme de début de saison sur www.grutli.ch (TDG)

Créé: 28.06.2018, 19h51

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Conférence sur le climat de Katowice
Plus...