Le Théâtre du Grütli promet de réenchanter un monde qui déchante

Saison 2015-2016Quatorze spectacles agiteront cette année la scène dirigée par Frédéric Polier. A parier qu'ils feront parler d'eux.

La nouvelle affiche du Grütli. Tout un univers...?

La nouvelle affiche du Grütli. Tout un univers...? Image: CEDRIC MARENDAZ

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Il existe autant de façons de présenter une saison théâtrale qu’il existe de théâtres. Ce constat est tellement vrai – et riche, si l’on en creuse la dimension politique – qu’une pièce entière lui sera dédiée en mai 2016, sous le titre sans détour de Présentation de saison, par Lionel Chiuch, ex-critique dramatique (dans ces pages) devenu auteur, et par ailleurs adjoint à la direction du Grütli.

Vendredi, rue Général-Dufour, le rituel ressemblait donc logiquement au grizzli Frédéric Polier: débordante et mal léchée dans la forme, généreuse et attrayante dans le fond. Après les remerciements – brouillons – et les intentions – méritoires – de rigueur, le comédien, metteur en scène et patron de salle annonçait en préambule deux nouveautés. La publication dès septembre de L’Incongru, «magazine théâtral plutôt que de théâtre». Et les visuels du programme, affiche de saison comprise, désormais confiés au dessinateur et graphiste Cédric Marendaz. Qui rompt avec l’illustration pour enfants pas sages pour lorgner vers l’heroic fantasy.

C’est qu’on grandit. Assume pleinement cette «part de soufre et de risque» qu’il fallait asseoir en début de mandat. Apprécie que le public, «à élargir du côté des jeunes», puisse «aiguiser son esprit critique», lui qui se montre si «curieux et audacieux» dans la confiance faite au trio de programmateurs – Frédéric Polier, bien sûr, mais aussi le susmentionné Lionel Chiuch et leur conseillère Christine Laure Hirsig.

Lesquels, abstraction faite des accueils dans le cadre de La Bâtie ou de Midi, Théâtre!, dégainent cette année 14 titres, dont 13 incluent le Grütli dans la liste de leurs coproducteurs. A commencer par les nombreuses créations maison: Palavie, d’abord, pour «pas la vie», le récit d’un exil sur le sol et sur le fil du temps qu’on doit à la plume de la Genevoise Valérie Poirier, et auquel Julien George donnera relief. La route du Levant, ensuite, qui s’empare du dossier, brûlant s’il en est, des jeunes Occidentaux qui rejoignent les rangs du djihad. Un projet que signera Dominique Ziegler, tant à l’écriture qu’à la mise en scène. Il sera suivi par la contribution annuelle du maître des lieux, qui délaisse momentanément l’auteur argentin Rafael Spregelburd pour renouer avec Shakespeare (dont il avait monté Cymbeline en 2008) via Le Conte d’hiver, fable féerique démantibulant les rouages de la jalousie. C’est ensuite à son complice Valentin Rossier, expert en «désastre de la parole», que Polier cédera son plateau pour deux pièces en un acte dus à Nathalie Sarraute, Le Mensonge et Le Silence. Tandis que Zoé Reverdin viendra, elle, emmener une distribution exclusivement féminine vers Les Reines, ces épouses qui hantent les couloirs du pouvoir dans lesquels l’auteur québécois Normand Chaurette injecte des ingrédients contemporains.

Rayon musique, en plus d’un concert du bassiste Louis Schild, le Grütli accueillera rien moins qu’un opéra, coproduit par la Haute Ecole de musique. En trois actes et trois langues, Le Ruisseau noir retrace le parcours impétueux d’Annemarie Schwarzenbach. Pour conclure, on ne saurait omettre la venue de Guillaume Béguin en décembre prochain, avec, en diptyque, à la fois une reprise du Baiser et la Morsure et la récente création du Théâtre sauvage, ou l’évolution en deux temps du grognement vers la parole, puis de la parole vers la représentation…

Théâtre du Grütli Programme complet sur www.grutli.ch

Créé: 12.06.2015, 17h27

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