«Very Bat Trip, acte 2», esquisse d'un drame sous les arches du pont Butin

CritiqueSciences naturelles, théâtre, acrobaties et concert: la poussée estivale du festival Antigel se perd à tout vouloir embrasser.

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«Et maintenant, je vais dire des horreurs.» Very Bat Trip, Act 2, suite et fin d’un «made in Antigel» débuté cet hiver dans la champignonnière de La Bâtie. Des monstres toujours, le cauchemar continue. Bael le démon à trois têtes, le Tsunami dans l’océan Indien en 2004, la nature qu’on fiche en l’air, père et fille cherchant le «lien». Une chauve-souris sauvera-t-elle notre humanité déracinée?

Deux cordes lisses pendent sous les arches du pont Butin. Deux cordelistes, Emanuel Breno et Nora Bouhlala, s’entortillent de concert, mêlent leur corps en un impressionnant duo aérien. La bande-son largue du rock, basses lourdes et guitares aériennes, The Sunfast à la manœuvre, emmené par Eric Linder, alias Polar, qui reprend l’une ou l’autre de ses propres chansons. Mais le fil conducteu reste, comme en février, le texte déclamé: «Le grand spectacle n’est pas mon intention…» Cette fois-ci, Fabrice Melquiot, d’Am Stram Gram, est présent en chair autant qu’en voix.

Alice aime les chauves-souris

On admire le béton cru des piliers du pont, baignés d’une lumière bleue et douce, On entend les échos de la circulation, au-dessus. La narration se poursuit, poétique, incarnée. La musique devient vrombissement. Climax en vue.

En préambule, Pascal Moeschler, spécialiste des chiroptères, dépêché ici pour rappeler la participation du Muséum, qui fête ses 50 ans, avait expliqué, qu‘alentour, un animal sur trois est une chauve-souris. Pour conclure ensuite: dans cent ans, les trois quarts des espèces animales auront disparu.

Mais quid des chauves-souris dans le spectacle? Brièvement évoquées dans l’acte 1, elles font entendre leurs ultrasons durant quelques secondes. Mais déjà l’orchestre reprend. Fabrice Melquiot aussi: «Alice avait un an…» Histoire de vie. «Alice a aujourd’hui 14 ans et met des bracelets de force.» Alice, la voici, interprétée par Vera Robinson. Alice, «les jambes dans le vide», attend les petites bestioles.

En quête de sens

Voilà un théâtre in situ, son et lumière mariant dramaturgie, concert et éducation aux sciences naturelles. Il y a une certaine esthétique, l’idée d’un paysage dépouillé, scénographie jouant avec la symétrie du pont. Il y a, également, l’esquisse d’un portrait intime au sismographe.

Une chauve-souris passe, une vraie. On pouvait aussi bien en imaginer des centaines, des milliers froissant soudain l’espace environnant. Rien de cela n’est arrivé, sinon dans l’imaginaire du public. Mais il manquait, encore une fois, le sens général, l’idée radicale. Limité par son mandat, sa coproduction multiple, le drame du Very Bat Trip n’a fait qu’effleurer le cœur des choses, hésitant sans cesse entre leçon d’écologie, drame familial et crise existentielle.

«Very Bat Trip Act 2» tous les soirs jusqu’à dimanche, 20 h 30, départ au café de la Tour, bois de La Bâtie. Infos: amstramgram.ch

(TDG)

Créé: 09.06.2017, 14h57

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