Thierry Meury joue au Gniolu. Ça lui va bien

ScènesSpécialiste du genre, l’humoriste propose une Revue incisive, au P’tit Music’Hohl.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Elle a changé de nom, mais pas d’esprit. L’ex Revue du P’tit Music’Hohl se nomme désormais La Revue du Gniolu. Oui, le Gniolu. Comme le personnage incarné pendant des années au Casino-Théâtre par Jo-Johnny lors de ses apartés avec Irène Vidy. «Un Gniolu, à l’origine, c’est un sot, un benêt. Par extension, c’est devenu un râleur. Ce qui colle parfaitement au Genevois ramenant sa fraise à tout propos lorsqu’il se passe quelque chose dans sa ville. Bien dans l’esprit de la Revue en somme», explique Thierry Meury. Parole d’expert. L’humoriste a fait du Gniolu un emblème, lui qui rédige sous cette identité une chronique hebdomadaire en forme de papier d’humeur dans le journal GHI.

Désormais directeur artistique du P’tit Music’Hohl, il a eu envie de rebaptiser la traditionnelle revue qui s’y joue, «histoire de la singulariser un peu». Gniolu autoproclamé dans un spectacle auquel il participe à la fois en tant qu’auteur et comédien – tout en assurant le rôle de M. Loyal entre différents tableaux –, Meury a affûté sa plume pour livrer avec la complicité de Christophe Bugnon une série de sketchs bien sentis.

Rayon mauvaise foi assumée et coup de griffe qui fait rire, on peut lui faire confiance. Créateur de la Revue du P’tit Music’Hohl en 1990, Thierry Meury a imaginé huit autres spectacles satiriques du même tonneau entre les murs du café-théâtre de Cointrin. Tout en phosphorant à de nombreuses reprises pour l’événement similaire, organisé au Casino-Théâtre. Au total, et uniquement sur Genève dans le circuit professionnel, Meury a écrit ou coécrit 21 revues avant de s’attaquer à ce nouveau démarquage de l’actualité écoulée.

«C’est un genre que j’affectionne», admet ce Jurassien bon teint, qui pendule régulièrement entre Delémont et le bout du lac. «Le train, c’est mon bureau», remarque ce grand lecteur de la presse écrite. «J’y puise mon inspiration. Souvent, les journalistes travaillent indirectement pour moi en imaginant des formules accrocheuses. Sans le savoir, ils m’offrent un angle d’attaque. C’est d’abord le titre qui déclenche l’idée.»

Déroulé chronologique

Condensé des événements survenus en 2017, sa Revue du Gniolu se déroule chronologiquement, de janvier à décembre. S’il privilégie les références locales, Meury n’en fait pas une religion. «À l’image des Géantes, des taxis Uber présents un peu partout en ville et dans le canton, ou de Donald Trump prétendument accueilli par la Chancelière, on essaie de ramener un maximum de sujets à Genève. Mais ce n’est pas forcément le thème central.»

L’initiative No Billag, avec un sketch pointant les conséquences d’une possible acceptation, ou la Poste et ses impitoyables suppressions de bureaux figurent aussi dans le viseur du Gniolu. De même que les tristement fameuses affaires de harcèlement sexuel. «Ces dernières sont survenues en fin d’année, alors que la Revue du Casino-Théâtre était déjà bien lancée. Le sujet n’a encore pas été vraiment traité. Une aubaine pour nous.»

Humour incisif

Adepte d’un humour incisif à la Pierre Naftule, avec lequel il souligne avoir beaucoup appris en termes d’efficacité, Meury ne compare pas sa Revue avec celle du Casino. «On n’a pas de danseuses», relève-t-il avec une pointe d’ironie. «Essentiellement basé sur des textes, le Gniolu évoque l’esprit du café-théâtre, avec des acteurs très proches des spectateurs.» L’occasion de rire à gorge déployée, tout près de Véronique Mattana, Jacques Maeder ou Jean-Marc Morel, des spécialistes du genre.

«La Revue du Gniolu», jusqu’au 28 mars, P’tit Music’Hohl, 54 av. Louis-Casaï. Me, ve, sa 20h30. Di 4, 11, 18, 25 février et 4 mars à 15h

Créé: 24.01.2018, 16h17

Les acteurs principaux de la «Revue du Gniolu». En haut, Jean-Marc Morel (à gauche) et Thierry Meury; en bas: Jacques Maeder et Véronique Mattana. Manquent sur cette photo, Ingrid Crisinel et Pat Lagadji, qui jouent en alternance. (Image: Michel Blanc)

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...