Défilé étroit

La Bâtie-Festival de GenèveCoproduit par le Ballet Junior de Genève, le Poche et La Bâtie, Mathieu Bertholet livre un pesant rendu de «4.48 Psychose», l'éruption testamentaire de Sarah Kane.

Rébecca Balestra dans le rôle de l'artiste suicidaire: «Magnifique douleur qui dit que j'existe...»

Rébecca Balestra dans le rôle de l'artiste suicidaire: «Magnifique douleur qui dit que j'existe...» Image: SAMUEL RUBIO

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Reconnaissons de l’audace à Mathieu Bertholet, dont La Bâtie programme la nouvelle création dans son fief en Vieille Ville. L’auteur, metteur en scène et directeur de théâtre n’a pas froid aux yeux en posant le pied dans l’empreinte laissée en 2002 par le Français Claude Régy, venu avec Isabelle Huppert décocher un puissant 4.48 Psychose dans les gencives de Genève. Le cri de détresse vomi sur le papier par la dramaturge britannique Sarah Kane juste avant son suicide un 20 février 1999 à 4 h 48 avait, à travers cette mémorable production, littéralement sonné son public. Après un Derborence inspiré de Ramuz, avant un Luxe, calme inspiré des palaces alpins, voici le Valaisan «s’emparer de la réminiscence», selon les termes de la feuille de salle.

S’il prolonge de Régy la lenteur hiératique imprimée à l’héroïne, Bertholet tient à lui opposer le dynamisme collectif qu’il insuffle au Ballet Junior. Thanatos doit trouver en Eros un partenaire égal. Ainsi, sur la scène aménagée comme un catwalk, Rébecca Balestra défile en vêtements oversize, ânonnant ou crachant son désespoir à la face de son psy (Mathieu Bertholet assis parmi les spectateurs), tandis que la dépassent à pas plus vifs sept jeunes danseurs eux aussi habillés XXL. Après d’infinis passages sur le podium, tous les corps sauf celui du directeur s’affaissent sous le poids du texte, l’emphase de sa déclamation et la vaine quête d’une émotion qui n’advient pas.

4.48 Psychose Le Poche Genève, jusqu’au 16 sept., www.batie.ch (TDG)

Créé: 12.09.2017, 19h20

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