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MarionnettesBienvenue dans l'enfer concentrationnaire!

Au TMG, la Cie Rodéo d’âme pointe l’effronterie de la propagande nazie face à la Croix-Rouge inspectant le camp de Terezin.

Sylvain Juret interprète le SS Karl Rahm, commandant du camp de concentration de Terezin.
Sylvain Juret interprète le SS Karl Rahm, commandant du camp de concentration de Terezin.
DR

«Bienvenue à Terezin!» Dans cette phrase, tout sonne faux. C’est pourtant par ces mots qu’une délégation de la Croix-Rouge fut accueillie en juin 1944 dans le camp vitrine du régime nazi. Venus inspecter les lieux, les membres de l’organisation humanitaire repartiront de Theresienstadt soulagés. Pas d’univers concentrationnaire ici. Au contraire, un cadre idyllique composé de plusieurs terrains de jeu, d’un pavillon de musique, de devantures fraîchement peintes et de parterres de fleurs débordant. «Bienvenue dans le nouvel eldorado juif, offert par le Führer lui-même», déclareront cyniquement les SS aux gens de la Croix-Rouge, abusés par la supercherie mise en place par la propagande allemande…

À peine la visite terminée, le quotidien reprend. Pour lutter contre la déprime ambiante, des détenus assistent à la lecture clandestine d’une pièce satirique pour marionnettes. Le roi Analphabète Ier et sa garde rapprochée, les Saucissons brutaux, donnent corps à la terreur.

De ces deux faits historiques avérés, la Compagnie française Rodéo d’âme, spécialisée dans les thématiques engagées, a tiré une œuvre à la fois drôle et glaçante, Eldorado Terezin, destinée à un public ado-adulte, dès 12 ans. Claire Audhuy, qui a imaginé et mis en scène la pièce, s’est inspirée notamment d’un texte inédit tiré des archives du camp de Theresienstadt.

Âgé d’à peine 14 ans, Hanus Hachenburg avait rédigé en 1943 une farce pour marionnettes intitulée On a besoin d’un fantôme. Il y dénonçait la montée en puissance d’un dictateur, la délation, l’expropriation, la déportation, l’extermination. Le jeune auteur finira déporté à Auschwitz avec sa mère. Il y aurait péri en juillet 1944 dans une chambre à gaz.

Au TMG, la comédienne Marie Hattermann lui redonne vie. Pulsion de mort en revanche du côté de Sylvain Juret, interprète du redoutable SS Karl Rahm, commandant du camp de concentration de Terezin. Les marionnettes, qu’elles soient de table ou portées, incarnent tantôt des humains manipulés par leurs tortionnaires, tantôt des pantins volontairement bouffons. Quant aux spectateurs, ils se retrouvent dans le rôle des membres de la délégation de la Croix-Rouge. Abusés, eux aussi?

«Eldorado Terezin», du 11 au 21 janvier, TMG, 3, rue Rodo. Me, je, ve, sa 19 h; di 17 h; ma 20 h. Rens: www.marionnettes.ch

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