Prises de bec en série signées Woody Allen

Théâtre de l'OrangerieSept comédiens jouent les couples d’un film qui sonna le glas de celui du cinéaste et de l’actrice Mia Farrow.

La troupe du Théâtre Le Public de Bruxelles est jusqu’au 30 juillet à l’Orangerie.

La troupe du Théâtre Le Public de Bruxelles est jusqu’au 30 juillet à l’Orangerie. Image: MARIANNE GRIMONT

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Le Théâtre Le Public de Bruxelles et celui de l’Orangerie à Genève échangent leurs productions. Alors que le premier donne depuis mardi «Maris et femmes» au parc La Grange, Valentin Rossier enverra en septembre en Belgique son «Macbeth» de Shakespeare, créé à Genève au début de l’été. Chacun y trouve son compte et le public genevois peut se féliciter d’avoir à domicile le spectacle mis en scène en automne dernier par Michel Kacenelenbogen.

«Maris et femmes», pour ceux qui connaissent la filmographie de Woody Allen, c’est «Husbands and Wives», un film sorti en 1992, dans lequel jouaient Woody Allen lui-même et Mia Farrow. On ne peut s’empêcher de penser à ces deux célébrités, dès les premières minutes de l’adaptation pour le théâtre du scénario original. Charlie Dupont joue le personnage de Gabe, qui était celui de Woody Allen, et Isabelle Defossé est Judy, le rôle créé par Mia Farrow.

Couples en état de survie

Gabe est un professeur de littérature et écrivain new-yorkais, dragueur maladroit et fasciné par Paris. Judy est sa femme éprise de poésie, d’opéra et – sans se l’avouer – de son collègue de travail Michael (Nicolas Buysse). Gabe est plutôt sympathique, mais un peu décalé, et ne tombe pas du premier coup dans les bras de l’étudiante (Inès Dubuisson) qui l’admire et veut tout savoir de lui. Judy demeure loyale vis-à-vis de son mari, malgré son penchant pour Michael.

Gabe et Judy ont deux amis, Jack (Damien Gillard) et Sally (Tania Garbarski), qui contrairement à eux se sont interrogés sur les chances de survie de leur couple. Ils sont arrivés à la conclusion qu’une séparation s’imposait. Lorsqu’ils annoncent la nouvelle à Gabe et Judy, celle-ci craque. Au fond, c’est comme si leurs amis avaient trahi son amitié en ne partageant pas avec elle leurs interrogations.

Ce qui n’empêche pas Judy, en bonne copine, de pousser Sally dans les bras de Michael, pour qu’elle ne soit pas toute seule. Le premier moment d’intimité de ces deux-là sera troublé par une révélation: le mari séparé de Sally entretient une liaison avec une jeune professeure d’aérobic passionnée d’astrologie (Aurélia Bonta). Sally veut bien être séparée de Jack, mais sûrement pas pour le laisser poursuivre au grand jour une liaison dictée par le démon de midi. Elle, de son côté, s’octroie le droit de passer à l’acte avec le beau Michael…

Vaudeville new-yorkais

Comme le confirme le metteur en scène du spectacle, Michel Kacenelenbogen, Woody Allen vit ce qu’il écrit. «C’est particulièrement flagrant quand il crée les personnages de «Maris et femmes». Lui-même cachait alors sa liaison avec Soon-Yi Previn, la fille adoptive de sa compagne de l’époque, Mia Farrow. L’actrice l’apprit pendant le tournage du film. Ce fut très difficile de la convaincre de continuer, car elle ne voulait plus voir son partenaire. Depuis lors, Mia Farrow et lui s’entendent à nouveau bien. C’est pourquoi les scènes et les prises de bec de «Maris et femmes» font rire le public. Outre qu’elles sont brillamment écrites, elles ne sont pas dramatiques. Les souffrances des personnages ne sont pas irrémédiables. La vie est comme ça, elle ressemble souvent à un vaudeville.»

Michel Kacenelenbogen a dû batailler pour obtenir les droits de «Maris et femmes». «Woody Allen ne laisse pas facilement jouer ses textes. Une production parisienne (ndlr: en 2016 au Théâtre de Paris, mise en scène de Stéphane Hillel) les voulait avant moi. Je les ai eus pour la Belgique mais pas pour la France. Maintenant que le spectacle parisien est terminé, j’aurai peut-être la possibilité de donner ma version à Avignon l’année prochaine», espère le metteur en scène familier du festival.

«Maris et femmes» y rencontrera sûrement, comme à Genève, le succès qu’une telle production simple et joyeuse, à la fois douce-amère et très enlevée, mérite amplement.

Jusqu’au 30 juillet au Théâtre de l’Orangerie à 19 h ou 20 h selon les jours; rés. 022 700 93 63 et www.theatreorangerie.ch (TDG)

Créé: 20.07.2017, 11h05

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