Un duo de productrices sur la prairie

ThéâtreLe Département de la culture de la Ville a sacré Barbara Giongo et Nataly Sugnaux Hernandez codirectrices du Théâtre du Grütli.

Nataly Sugnaux Hernandez et Barbara Giongo ont été nommées ce mardi par Sami Kanaan à succéder à Frédéric Polier à la direction du Théâtre du Grütli.

Nataly Sugnaux Hernandez et Barbara Giongo ont été nommées ce mardi par Sami Kanaan à succéder à Frédéric Polier à la direction du Théâtre du Grütli. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Renouant avec un matriarcat devenu légendaire dans le milieu théâtral genevois – celui qui vit Maya Bösch et Michèle Pralong régner sur le Grü de 2006 à 2012 –, Sami Kanaan adoube aujourd’hui Barbara Giongo et Nataly Sugnaux Hernandez. Le tandem succédera en juillet 2018 à Frédéric Polier, qui achèvera alors son deuxième mandat de trois ans à la tête d’un théâtre qui cristallise décidément les débats de politique culturelle. En respectant même une remarquable symétrie! Tollés contraires des différentes mouvances au sein de la profession, alternance d’une direction mono ou bicéphale, masculine ou féminine, les balanciers oscillent selon leur mécanique horlogère.

Mais qui sont ces héroïnes au patronyme méconnu qui prêtent aujourd’hui serment? Licenciée en lettres, diplômée en communication, Barbara Giongo, 51 ans, a travaillé plusieurs années au Théâtre Saint-Gervais, puis à la TSR, avant de rejoindre en 2001 la Compagnie de l’Alakran fondée par Oscar Gómez Mata, en tant que chargée de production et de diffusion, administratrice et attachée de presse. A 44 ans, Nataly Sugnaux Hernandez, elle, a effectué une double formation à la Haute Ecole d’art et de design (HEAD) et au Swiss Marketing Hub & Schools (SAWI) avant de gérer le Fonds des Intermittents puis la compagnie du performeur genevois Yan Duyvendak. Deux administratrices, donc, plutôt que des artistes, ce qui représente une nouveauté. «Il y a toujours eu des metteurs en scène dans le fauteuil de directeur du Grütli, trépignent-elles en chœur au bout du fil. Nous sommes tellement contentes des perspectives qui s’ouvrent devant nous, c’est énorme!» Quant au genre féminin de leur binôme, qui rappelle celui de leurs notoires prédécesseures, les nouvelles responsables n’en font pas cas: «Nous ne revendiquons aucune filiation et jugeons normal que des filles occupent des postes de direction: ce n’est pas un sujet en soi».

Or, si derrière tout grand artiste se cache une femme, derrière Barbara Giongo et Nataly Sugnaux Hernandez ne voit-on pas se dissimuler les figures respectivement d’Oscar Gómez Mata et de Yan Duyvendak? Le tandem dissipe toute ombre éventuelle. «Notre projet n’a pas été développé avec eux, ce ne sont pas leurs contenus artistiques qui dictent nos pas», jurent les collaboratrices en ajoutant: «Barbara et Nataly sortent du bois sans leurs metteurs en scène attitrés!» La seconde a du reste déjà quitté sa compagnie, la première s’apprête à le faire.

Le fameux projet qui leur vaut leur nomination entend «faire du Grütli un miroir de la diversité culturelle de la ville». Comment? En fonctionnant comme un «centre de production et de diffusion des arts vivants». Autrement dit, en accompagnant étroitement des créations développées sur place. Une mise au service des artistes locaux, en fonction de leurs propositions, qui interdit pour l’instant d’anticiper sur la programmation future du Grütli. «Mêmes les annonces de saison devront se faire par étapes, afin de garantir la souplesse nécessaire au travail d’accompagnement», prévient l’heureux duo. Découvertes en vue: nous voilà avertis.

Créé: 29.08.2017, 13h51

Articles en relation

Sami Kanaan affirme ses choix au Grütli

Politique culturelle Le magistrat en charge de la Culture dresse un bilan provisoire de sa politique théâtrale alors qu’il vient de repourvoir la direction du Théâtre du Grütli. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les PV diminuent depuis que les policiers doivent y écrire leur nom
Plus...