Trois petits cochons jouent les rats de bibliothèque

Théâtre A l’Orangerie, le grand méchant loup est de retour dans une version revisitée du conte, écrite par Noëlle Revaz.

Trois enfants s’envolent pour l’Ile au Lard, grâce à leur maman, et vont vivre le conte des «Trois petits cochons».

Trois enfants s’envolent pour l’Ile au Lard, grâce à leur maman, et vont vivre le conte des «Trois petits cochons».

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Ils n’ont qu’un rêve: rencontrer le grand méchant loup. Contrairement au conte original des Trois petits cochons, cette fois-ci pas de queues en tire-bouchon, mais des enfants passionnés de lecture. Geri, Freki et Freko partent ainsi en voyage sur l’Ile du Lard et construisent à leur tour trois maisons: une en paille, une en bois et une en briques. Mais ils ne sont pas au bout de leurs surprises… Rendez-vous au Théâtre de l’Orangerie jusqu’au 12 août pour découvrir cette palpitante version helvétique des Trois petits cochons, imaginée par l’auteure Noëlle Revaz. Rencontre avec le metteur en scène Georges Grbic.

– Qui a eu l’idée de revisiter le conte «Les trois petits cochons»?

– La thématique des trois petits cochons est venue de Catherine Breu, directrice du Théâtre La Bavette à Monthey. J’y étais allé pour monter une lecture spectacle destinée aux tout-petits. Elle avait un fils de 5 ans et m’a dit que, ces temps, il adorait l’histoire des Trois petits cochons. En y réfléchissant, aucune version récente pour le théâtre ne nous est venue à l’esprit. C’est ainsi qu’a surgi l’idée d’écrire un récit autour des épreuves des trois maisons.

– Comment est née votre collaboration avec Noëlle Revaz?

– J’ai commencé à m’interroger sur la question du loup et, comme on était en Valais, j’ai songé à une auteure valaisanne. J’ai entendu un texte de Noëlle Revaz à la radio et j’ai immédiatement pensé à elle. En cherchant un peu, je suis tombé sur la nouvelle Les enfants, paru dans le recueil «Hermine Blanche». C’est un texte formidable sur les rapports entre générations et je me suis dit: «C’est la personne idéale». Elle n’avait encore jamais écrit pour le théâtre, mais on a assez vite trouvé des points communs et des interrogations. Comme elle était enceinte et attendait l’arrivée d’un petit garçon, c’était l’occasion idéale pour elle de se lancer dans cette thématique du jeune public. Elle a ainsi rédigé une première moitié de pièce. On a ensuite discuté et travaillé ensemble. Finalement, elle a proposé le scénario d’une maman qui joue avec ses enfants.

– Le fait que les petits cochons soient remplacés par des enfants aide-il le public à s’identifier aux personnages?

– Complètement! Il permet aux jeunes spectateurs de s’identifier au plaisir du jeu et les invite à participer à l’aventure.

– La petite salle de l’Orangerie contribue-t-elle à intégrer le public dans l’histoire?

– La pièce débute et se termine dans une bibliothèque qui fait office de maison de brique à la fin. Avec cet espace imaginaire de l’Ile du Lard, quand on referme la maison, on sent tout à coup qu’il y a un vrai danger. Il n’y a plus qu’une simple petite barrière de bois et de livres qui nous protège du méchant loup. Les personnages des enfants sont désormais littéralement avec le public qui partage leur peur et se rassure en voyant que la construction tient le coup. On réalise aussi que l’imaginaire des livres reste dans les livres. Néanmoins, il y a une perméabilité dans les fantasmes qui est bien réelle. On assiste à la montée dramatique du rapport au loup qui devient un vrai méchant.

– Quelle serait la morale de cette histoire?

– C’est vraiment une pièce à plusieurs niveaux qui montre le plaisir de se projeter dans l’imaginaire pour vivre les histoires. La bibliothèque symbolise un peu le monde du livre. Dans la littérature, tout est possible, mais c’est la mise en scène qui crée la dimension imaginaire. Le monde réel reste en fin de compte où il est et, par le biais du théâtre, on y revient chargé d’histoire. En somme, cette pièce n’a pas vraiment de «morale», mais si vous voulez vivre des histoires, allez-y à fond.

– Pourquoi les enfants sont-ils vêtus d’un blazer orné d’un logo de collège avec un loup?

– C’est un clin d’œil pour mettre en évidence que, pour être un cochon, il faut qu’il y ait un loup et que pour être méchant, il faut qu’il y ait des gentils. Ces oppositions entraînent des confrontations qui permettent d’évoluer et d’avancer dans l’idée de ces différentes épreuves à traverser pour acquérir de l’expérience, un peu de sagesse et perdre ses illusions.

Théâtre de l’Orangerie Tous les matins à 11 h jusqu’au 12 août, sauf le lundi et le 1er août. Réservation en ligne sur theatreorangerie.ch ou par téléphone au 022 700 93 63.

(TDG)

Créé: 26.07.2017, 14h51

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