Macaigne: je suis le pays du romantisme punk

CritiqueLa Bâtie et Vidy allument à Lausanne la mèche de la nouvelle dynamite de Vincent Macaigne.

Sur la grande scène du Théâtre de Vidy, «Je suis un pays» crache sa fureur par le nord, le sud, l’est et l’ouest.

Sur la grande scène du Théâtre de Vidy, «Je suis un pays» crache sa fureur par le nord, le sud, l’est et l’ouest. Image: MATHILDA OLMI

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C’est devenu une ritournelle. Depuis l’intronisation de Vincent Baudriller au Théâtre de Vidy, La Bâtie intègre la salle lausannoise à sa programmation. Grâce à ce partenariat, les publics genevois et vaudois unissent leurs zèles pour découvrir les productions, l’an dernier du collectif suisse Rimini Protokoll, en 2015 de l’Anglais Simon McBurney, en 2014 du Français Vincent Macaigne.

Celui qui avait alors ébouriffé avec une hurlante version de L’idiot de Dostoïevski revient donc trois saisons plus tard avec sa dernière torpille. Après s’être pâmée devant le nouveau Pavillon en bois qui déplie son origami à deux pas du bâtiment central, la foule se laisse cornaquer par deux forcenés en costume, aussi autoritaires que bruyants. «On est en terrain connu», se rassurent les habitués du phénoménal auteur, metteur en scène et comédien. Muni de vitales boules Quiès, on s’engouffre dans Je suis un pays, prêt à prendre 3 h 30 de furie dans les dents.

On s’y attend, Vincent Macaigne déborde. Par le haut. Par le bas. Le ciment pleut des cintres. L’hémoglobine jaillit sur les gradins. Ça vocifère à franchir le mur du son. Les enceintes font vibrer les cages thoraciques à coups de Rihanna. On tousse les fumigènes. Des comédiens détrempés piétinent vos accoudoirs. Le plateau, un capharnaüm hétéroclite – du tableau de Caravage à la cellule de plexiglas, de la salle de conférences de l’ONU aux fauteuils destinés à une portion du public parachutée là en combinaison jetable…

Oui, Vincent Macaigne, en termes professionnels, use de tous les moyens pour briser le quatrième mur – cette frontière virtuelle qui sépare la scène des spectateurs. Dans le fanatisme qu’épousent ses idéaux éthiques, dans le romantisme punk qui les habille, il arrive même que le trentenaire en abuse. Le territoire tant géographique que politique de Je suis un pays ne connaît ainsi pas de limites. Son propos cyclonique – repris d’un écrit de jeunesse intitulé Friche 22.66 – balaie depuis la Nativité jusqu’à l’Apocalypse d’une démocratie impossible. Pareille proposition ne peut que galvaniser, même si, côté texte, un semblant de borne n’eût, lui, pas été de trop.

«Je suis un pays» Théâtre Vidy-Lausanne, ve 15 sept. à 20h, sa 16 à 19 h, www.batie.ch, puis jusqu’au 29 en programmation interne, www.vidy.ch (TDG)

Créé: 15.09.2017, 18h46

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