Le général Dufour revit chez lui et en musique à Contamines

ThéâtreDonné devant sa maison à Genève, le spectacle en hommage au grand Genevois intéressera tous les curieux d’histoire.

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Au difficile exercice du théâtre d’histoire, Jean Winiger et ses comédiens tirent plutôt bien leur épingle du jeu. Donné mercredi pour la première fois, le spectacle "Dufour chez Dufour" bénéficie d’abord d’un cadre naturel de grande classe. On est assis devant la façade côté jardin de la maison où vécut le général Dufour à la rue de Contamines.

Installé sous tente et sur un gradin, le public voit revenir chez eux avec étonnement les fantômes du général genevois, de sa femme Suzanne et de leurs quatre filles. Un ami de la famille, Adolphe Pictet junior, et un confrère du général, le colonel Rilliet-Constant, reprennent vie eux aussi.

Le texte de Jean Winiger fourmille de citations authentiques, puisées dans la correspondance de Guillaume Henri Dufour. Les propos des personnages plongent le spectateur dans l’histoire genevoise et suisse du milieu du XIXe siècle, réunissant un maximum de renseignements en un temps record. Cela donnerait un peu le tournis sans le recours à la musique, qui allège opportunément la leçon d’histoire.

Les rôles des demoiselles Dufour étant tenus par une pianiste et des cantatrices, les intermèdes se succèdent, tirant tantôt vers Offenbach ("La Grande-duchesse de Gerolstein"), tantôt vers Berlioz ("Le Spectre de la Rose"), en passant par Liszt, que le général avait rencontré à Genève. Ces voix agréables, accompagnées par la pianiste jouant dans l’encadrement d’une fenêtre du salon, rappellent les concerts donnés à domicile, dans la bonne société de jadis.

Jean Winiger incarne lui-même le général Dufour, avec un certain panache, c’est le cas de le dire, qu’il soit en civil ou en uniforme. Si Rilliet-Constant tente un moment de juger l’officier avec sévérité, les faits historiques parlent pour le parfait gentilhomme qu’il fut. Son humanité et sa perspicacité évitèrent que les Suisses s’entre-tuent en 1848. Le spectacle permet de comprendre, avec clarté et un suspens bien amené, ce que fut vraiment cette guerre du Sonderbund gagnée grâce à Dufour.

Sur les multiples talents de l’homme, sur leur application pour le plus grand profit des Suisses et des Genevois, on apprend aussi beaucoup au fil des scènes de "Dufour chez Dufour". Avec pour conseiller l’historien Jean-Jacques Langendorf, spécialiste du général, Jean Winiger a su puiser aux meilleures sources. Monté courageusement avec peu d’aide et sans argent public, accueilli par la Fondation Dufour qui en a eu l’idée, ce spectacle mérite de trouver son public à Genève et plus loin à la ronde.

Jusqu’au 17 septembre du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 17 h. Rés. 026 466 46 06 (TDG)

Créé: 07.09.2017, 11h15

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