Au plus profond du mystère Maria Callas

TanztheaterUne heure cinquante de grand spectacle, dans le meilleur sens du terme, grâce à l’implication des danseurs du Ballet du Grand Théâtre.

La danseuse Céline Allain, dans le spectacle «Callas», imaginé par la chorégraphe Reinhild Hoffmann.

La danseuse Céline Allain, dans le spectacle «Callas», imaginé par la chorégraphe Reinhild Hoffmann. Image: GTG / Gregory Batardon

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Survoler ou creuser, tel est le choix qui se présentait à Reinhild Hoffmann, pur produit du théâtre dansé («Tanztheater») allemand, au moment de consacrer un spectacle à la cantatrice Maria Callas. C’était en 1983 à Brême, six ans seulement après la mort de la diva. Cette année, quarante ans nous séparent de cette disparition survenue le 16 septembre 1977 à Paris.

Creuser, voilà ce que Reinhild Hoffmann a choisi de faire et bien lui en a pris. Creuser si profondément que son spectacle de 1983 peut être vu trente-quatre ans après sa création comme une œuvre originale, pleine de questions et de pistes de réflexion, mais détachée du strict portrait d’Anna Maria Sophia Cecilia Kaloyeropoulou dite Maria Callas.

«Callas» est un spectacle sur la représentation, sur le moi des artistes de la scène, sur l’acteur et son double, sur l’importance du rôle à tenir. En creusant le mystère Maria Callas, c’est la radiographie d’une vocation et d’un métier que la chorégraphe a réussi. Sans éclairer toutes les parts d’ombre, heureusement.

Le résultat est une heure cinquante de grand spectacle, dans le meilleur sens du terme, grâce à l’implication des danseurs du Ballet du Grand Théâtre et le talent de la chorégraphe. Celle-ci pose tout de suite le décor. Nous ne sommes ni dans une loge de la Scala, ni dans un appartement parisien ou une villa grecque, mais au théâtre. Comme si nous, spectateurs, étions face à notre reflet sur la scène. On y admire un public de théâtre, nettement plus élégant que celui de l’Opéra des Nations, d’où se détache un couple un peu perdu qui cherche sa place.

Du velours rouge, des gilets blancs, un public asexué, d’efficaces évolutions de groupes, la ronde est lancée. Costumes à foison et objets symboliques s’accumulent peu à peu. Chaussures peintes en rouge qui ensanglantent le bas d’une robe blanche, pouvoir mortel d’une paire de talons aiguilles qui font s’écrouler les jeunes gens en frac, surpuissance féminine portée par les accents passionnés du Macbeth de Verdi.

Il y a huit tableaux distincts dans «Callas», qui offrent chacun l’occasion d’écouter la cantatrice dans des enregistrements d’époque. Leurs imperfections installent une distance poétique entre la voix célèbre et l’auditeur d’aujourd’hui. Caro nome, L’amour est un oiseau rebelle, Près des remparts de Séville, J’ai perdu mon Eurydice, Bizet, Gluck, Verdi, autant de morceaux de bravoure auxquels le spécialiste peut associer l’une ou l’autre des dix-huit robes apparues en même temps sur scène, chacune évocatrice d’un rôle tenu par la Callas. Les danseurs et danseuses de la troupe genevoise les portent avec un chic fou et grâce à eux ce spectacle traversé par la mort déborde de vie.

«Callas» par le Ballet du Grand Théâtre à l’Opéra des Nations jusqu’au 17 octobre. Réservations: 022 322 50 50 et www.geneveopera.ch

(TDG)

Créé: 11.10.2017, 15h09

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