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«Why Women Kill», offensive de charme assassin

Vous vivez la guerre en couple confiné? Une série avait prévu le coup.

CBS

Après «Desperate Housewives», le producteur Marc Cherry relance la guerre des sexes. Une nouvelle série sur M6 ce jeudi? Pas de quoi fouetter un mari infidèle. Et pourtant, «Why Woman Kill» suscite une curiosité totale, récidive inspirée après le triomphe de «Desperate Housewives». Qui a pu oublier la cuisine macabre de Bree ou la plomberie érotique de Susan? De 2004 à 2012, «Desperate Housewives» et son quatuor de bourgeoises névrosées ont mis Wisteria Lane sur la carte. L’auteur actualise son coup de poker gagnant. Cette fois, il triple la mise. Trois couples au charme assassin, trois générations des années 1960 à aujourd’hui, une unité de lieu, la maison de maître chicos à Pasadena.

Le générique prend une tonalité plus pop, tendance Roy Lichtenstein, que, jadis, la galerie de peinture de Cranach l’Ancien et Cie croisée sur le tempo néogothique de Danny Elfman. Mais au fond, «Why Women Kill» tente le même cocktail chic et trash. Les ménagères désespérées de jadis brassaient féminisme vengeur et conservatisme indéboulonnable. Les temps changent, au rythme des séries contemporaines, de «Killing Eve» en «Instinct», etc. où les orientations sexuelles ne passent plus pour des alibis de bien-pensance ou militantisme affiché. Hommes et femmes, ici, se bagarrent dans une guerre des couples plus individualistes que tribale, façon LGBT+.

Trahisons et turpitudes sont balancées par des actrices impeccables. Dans la combinaison quasi biblique de «Desperate Housewives», toutes deviendraient d’ailleurs des célébrités identifiées avec leurs profils fictifs. Dans «Why Women Kill», Lucy Liu qui a déjà croqué la gloire, se refait une jeunesse en se réservant la plupart des vachardises. Façon drag-queen échappée dans «Dynastie», la brune incarne la cuvée 1984, quand les époux peuvent partager en privé des secrets inavouables en société. Ainsi Simone se venge de l’homosexualité de son mari en prenant de jeunes amants. Déguisée en drag-queen jusqu’au bout de ses faux cils, cette cougar digne de «Dynastie» matérialise l’esprit de revanche du sexe dit faible sur des éternités de machisme.

Une fresque traversant les âges

Toutes les nanas de la génération précédente, celle des années 60, n’ont pas vécu la révolution sexuelle. Voir la rouquine Beth Ann aussi permanentée que la Bree soumise aux désirs de son seigneur et maître Rex Van De Kamp. À l’autre bout du spectre de cette fresque du conjugo à travers les âges, en 2019, Taylor se démène pour coller à l'icône de la femme moderne. Avocate qui idolâtre Michelle Obama jusqu’à l’avoir en photo sur sa table de chevet, l’athlétique trentenaire trime pour entretenir sa demi-portion de compagnon, scénariste volage en panne d’inspiration mais pas de libido. Jouant les quiproquos électrisés par cette valse à trois temps, «Why Women Kill» dispense plus que le quota syndical de vannes et cuistreries venimeuses. Pourtant, dans cette fiesta en technicolor, le kitsch prend trop souvent le dessus pour provoquer un clash aussi puissant que «Desperate Housewives». Comme si le réalisateur John Waters, empereur du «bon mauvais goût», s’était mis en tête d’écrire un feuilleton sous LSD mais s’était noyé dans la tisane.

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M6

Jeudi, 21h05 (10 X 45’)

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