Les feuilletons de nos parents

Les séries télé mythiques: les origines (1/5)De «Lassie »à «Thierry la Fronde» à «I love Lucy», zoom sur les séries pionnières.

Lorsqu'elle devient l'héroïne d'une série qui durera de 1954 à 1971, la chienne «Lassie» est déjà une star grâce au cinéma.

Lorsqu'elle devient l'héroïne d'une série qui durera de 1954 à 1971, la chienne «Lassie» est déjà une star grâce au cinéma. Image: DR

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Au commencement était le serial. Bien avant la naissance de la télévision, le cinéma avait imposé la mode du film à épisodes, héritier direct du roman-feuilleton du XIXe siècle. Et cela dès les années 1910. Chaque vendredi, le public pouvait découvrir en salles un nouveau segment de Fantômas ou des Vampires, feuilletons qui paraissaient d’ailleurs en parallèle dans la presse hebdomadaire.

Cet engouement fit long feu et dura même au-delà de l’avènement du parlant. Dans tous les pays du monde, on tournait des films à épisodes, le plus souvent des longs-métrages coupés en tranches, pendant que sur les ondes, les feuilletons radiophoniques fascinaient le public.

Rien d’étonnant, donc, à ce que dès l’arrivée des petits écrans, ces formats se mettent à leur tour à y proliférer. Mais les premières émissions publiques, en France comme outre-Atlantique, ne surgissent qu’au milieu des années 50. Et tout le monde ne possède pas encore de poste. On se passionne d’abord pour les mariages princiers et l’actualité. Côté divertissement, les séries vont très vite occuper un créneau, d’autant plus que le serial, dans les salles obscures, est mort de sa belle mort un peu avant la guerre. La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne vont rapidement devenir les premiers pourvoyeurs en matière de séries.

Policier et western

Parmi les plus anciennes, I Love Lucy (1951), tremplin pour la star Lucille Ball et sitcom qui demeure l’un des plus gros succès de tous les temps et qui ne sera pratiquement jamais montrée en dehors de l’Amérique. Alors que certaines séries sont diffusées en direct (et donc la plupart du temps perdues à jamais), I Love Lucy est tournée comme un film, c’est-à-dire en 35 mm. «Procédé» qui va permettre la rediffusion, indispensable à une époque où la télé ne capitalise pas encore sur des centaines d’heures de programmes.

Contrairement à ce qu’on pourrait à tort supposer, les séries pionnières n’ont rien d’amateur. Techniciens et comédiens ont eu tout le loisir de se former depuis plusieurs décennies au cinéma, et sont donc particulièrement rodés lorsqu’il s’agit d’appliquer les mêmes règles au petit écran. Dans cet ordre d’idées, les genres les plus populaires des années 50, comme au cinéma, sont le policier et le western. Les Incorruptibles (de 1959 à 1963) ou Perry Mason (1957 à 1966) pour le premier, Au nom de la loi (de 1958 à 1961) ou Bonanza (1959 à 1973) pour le second. On trouve aussi des séries qui reprennent des franchises ayant fait leurs preuves au cinéma. C’est le cas notamment de Lassie (1954 à 1971) et de Rintintin (1954 à 1959). A contrario, d’autres donnent naissance à des films qui leur sont postérieurs. Ainsi de Zorro (1957 à 1961) et, dans une certaine mesure, de l’inusable Flash Gordon (1954 à 1955) et de ces Aventures de Superman (1952 à 1958) qu’on rêve de (re)voir un jour.

L’usine de l’ORTF

Et puis il y a des outsiders, premières séries à concept comme Alfred Hitchcock présente et La Quatrième Dimension, composées d’épisodes individuels généralement signés par des cinéastes différents. Toutes ces créations seront programmées en France ou en Suisse dans le désordre, parfois avec des années de retard.

Dans l’Hexagone, dès les années 60, l’ORTF produit à tour de bras. Citons Le temps des copains, Janique Aimée, Rocambole, Belphégor, Rouletabille, Poly et ses suites, Gorri le diable, L’homme du Picardie, Les oiseaux rares, Jacquou le Croquant, Belle et Sébastien, et bien sûr Thierry la Fronde, futurs candidats à la nostalgie pour un âge d’or en noir et blanc qui bercera mine de rien plusieurs générations. Multidiffusées durant plusieurs décennies, au point pour certaines de générer un culte, elles se trouvaient alors en concurrence avec toutes sortes de séries américaines que le public adopta. Pensons à Daktari, Ma sorcière bien-aimée, Flipper le dauphin, Les Pierrafeu (animation), Les Envahisseurs, L’homme de fer, Mannix, Max la menace et des dizaines d’autres qui vont chambouler votre, ou plutôt notre environnement audiovisuel à jamais, avant que de nouvelles vagues, de nouvelles idées, ne renvoient à leur tour ces titres à un passé définitivement révolu.

Créé: 24.07.2017, 09h45

«I Love Lucy» forever



Avec son époux Desi Arnaz, l’actrice Lucille Ball régna sans partage sur les petits écrans américains. Dès octobre 1951,
I Love Lucy y fait son apparition. Le show comique – peut-on déjà appeler cela une série? – contrairement à tout ce qui se fait à ce moment-là, n’est pas enregistré en direct mais avec trois caméras et en 35 mm. L’utilisation du format, dévolu au cinéma, est révolutionnaire.

La popularité d’«I Love Lucy», aux Etats-Unis, sera énorme. Aujourd’hui encore, alors qu’elle a cessé depuis 1960, elle reste une institution. En revanche, son exportation sera pratiquement nulle. En France, il faut attendre 1999 pour qu’une chaîne, en l’occurrence Téva, en diffuse des épisodes. Il n’était pas rare que de grandes vedettes y participent. Les titres de certains épisodes sont éloquents: Lucy and John Wayne, Lucy Meets Orson Welles.

Produite par le studio Desilu (contraction de Lucy et Desi), «I Love Lucy», histoire d’une femme au foyer qui veut se lancer dans une carrière artistique, ne durera pourtant que le temps de 179 épisodes.
P.G.

Sir Hitchcock à la barre



Hitchcock aimait se mettre en scène. Lorsqu’il ne tournait pas lui-même, il racontait des histoires face caméra, apparaissant systématiquement en silhouette sur le son de la Marche funèbre d’une marionnette de Gounod. Le principe d’Alfred Hitchcock présente est celui d’une collection de nouvelles noires dont la réalisation était confiée à différents cinéastes. Sur les 268 épisodes réalisés entre 1955 et 1960, Hitchcock en signa une vingtaine. De 1962 à 1965, «The Alfred Hitchcock Hour» leur succédera pour 93 autres épisodes. Une troisième série du même nom sera même mise en chantier en 1985, cinq ans après la mort du maître. La série, du moins en France, a souvent été diffusée de manière chaotique et dans le désordre. Il en va de même pour son édition DVD. En d’autres termes, il doit rester des perles à découvrir dans tout ce matériel. D’innombrables stars y tiennent un rôle. C’est le cas de Roger Moore, Bette Davis, Steve McQueen, Burt Reynolds, Kim Novak, Peter Falk et John Cassavetes, liste non exhaustive.
P.G.

Fan de Thierry la Fronde



La France était bercée par les yé-yé et le rock, la télévision française attendait encore l’arrivée de la couleur et un feuilleton en noir et blanc proche de Robin des Bois passionnait les foyers. Héros de 52 épisodes étalés sur quatre saisons, de 1963 à 1966, Thierry la Fronde, jeune noble mêlé à différentes aventures entre la France et l’Angleterre du XIVe siècle, s’invite chez tous les téléspectateurs chaque vendredi. Pour le Belge Jean-Claude Drouot, comédien et interprète du rôle, c’est la gloire immédiate. Couvertures de journaux, reportages et même enregistrement d’un disque dans la foulée lui permettent de traverser la décennie sans intempéries. Ses partenaires peineront en revanche à sortir de l’anonymat. Le succès du feuilleton n’en amènera pas d’autres. L’engouement pour les histoires moyenâgeuses et les cottes de mailles ne passera guère la décennie. Il n’empêche que Thierry la Fronde demeure un personnage emblématique des sixties et qu’il continue à marquer les mémoires. P.G.

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