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Éric Cantona en chômeur incontrôlable dans «Dérapages»

Un des meilleurs rôles de l’ex-footballeur dans une série fusion à voir sur le site de la chaîne Arte France.

Eric Cantona joue le personnage d'Alain Delambre, un père de famille au bord de la dépression.
Eric Cantona joue le personnage d'Alain Delambre, un père de famille au bord de la dépression.
DR

Plan américain sur Éric Cantona, crâne rasé et rouflaquettes, qui raconte son aventure. Dès les premières séquences de «Dérapages», la minisérie disponible en streaming sur le site d’Arte France, on sait que ce qui s’annonce comme un drame social sera aussi un polar.

Adapté du roman «Cadres noirs» de Pierre Lemaitre, qui a coscénarisé les six épisodes, «Dérapages» doit beaucoup à son auteur. Car «Dérapages» déroute le spectateur en l’entraînant dans d’inattendus tournants d’une histoire qui aurait pu dérouler tout droit une intrigue convenue. L’histoire d’un chômeur de plus de 50 ans qui ne trouve pas de travail. Jusqu’à ce que…

Le père de famille au bord de la dépression, c’est lui, Éric Cantona, qui trouve ici un de ses meilleurs rôles, à la mesure de sa démesure. Cet acteur d’instinct, aux colères chaudes comme son accent sudiste, a face à lui Alex Lutz, comédien de théâtre, au phrasé impeccable, calme et froid, dans le rôle du PDG de multinationale. L’eau et le feu. Et cette question: qui manipule qui? Casting choisi auquel s’ajoutent Gustave Kerven, un Grolandais tout aussi crédible dans le rôle du copain marginal doué en informatique, Alice de Lencquesaing, une touchante jeune actrice qui endosse le rôle de la fille avocate, ou encore la Canadienne Suzanne Clément dans le rôle de l’épouse tantôt attendrie tantôt excédée.

D’un épisode à l’autre, «Dérapages» et son hétéroclite troupe traversent les genres: le drame social, le film politique, le huis clos pénitentiaire, le polar classique, le polar financier, le film judiciaire. On passe de l’univers de Loach à celui de Marchal, de Boisset, de Jacques Audiard dans «Un prophète» à celui de Cayatte. Une partition éclectique sans véritable fausse note conduite par Ziad Doueiri, l’un des coréalisateurs de la série politique originale de Canal+ «Baron Noir».

Dans «Dérapages», le monde de l’entreprise, de ses RH, des actionnaires, des cadres ambitieux côtoie celui du salarié moyen, confronté au chômage et à la destruction de sa cellule familiale, sous le poids du manque d’argent, de la culpabilité, du désespoir, d’une humiliante recherche de petits boulots. Cela devait faire des étincelles, parfois caricaturales mais bien réelles.

Quelle réponse à la violence du libéralisme? Celle d’Alain Delambre, le personnage qu’incarne Cantona, a toutes les apparences d’un «pétage de plombs», d’un coup de folie, d’une geste suicidaire. Mais est-ce aussi simple que cela? Bien sûr que non, car ce dérapage est bien plus contrôlé qu’il n’y paraît. Et appelle dans une dernière séquence une saison 2.

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