«Pierre Tchernia est le dernier géant de la télé qui disparaît»

Hommage«Monsieur Cinéma», décédé le 8 octobre à 88 ans, a marqué cinquante ans de culture populaire, entre télé et septième art.

Pionnier du petit écran, Pierre Tchernia était du premier journal télévisé de la RTF, en 1949, mais c'est comme «Monsieur Cinéma» qu'il a marqué des générations de téléspectateurs. Il est décédé le samedi 8 octobre à Paris.

Pionnier du petit écran, Pierre Tchernia était du premier journal télévisé de la RTF, en 1949, mais c'est comme «Monsieur Cinéma» qu'il a marqué des générations de téléspectateurs. Il est décédé le samedi 8 octobre à Paris. Image: SERGIO GAUDENTI

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«Il a rendu le public cinéphile sans qu’il s’en aperçoive»; «Pierre Tchernia est le dernier géant de la télévision qui disparaît»; «Il était un homme de l’audiovisuel public, d’une télévision qui informe, qui éduque et qui divertit.» A l’instar de Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, de l’animateur Michel Drucker ou du président de la République François Hollande, le monde francophone et des milliers d’anonymes pleurent, depuis ce samedi 8 octobre, la disparition de Pierre Tchernia à l’âge de 88 ans. Eloigné depuis une dizaine d’années des caméras, c’est une mémoire vivante du petit écran, père de quatre enfants, qui s’est éteint à 3 heures du matin dans la nuit de vendredi à samedi, «dans les bras» de sa famille.

Entre culture exigeante et émissions populaires

Journaliste, animateur et producteur, Pierre Tchernia a marqué de sa bonhomie et de sa bienveillance l’histoire de la petite lucarne. Lui donnant, aussi, ses lettres de noblesse, entre culture exigeante et émissions populaires. Après des études de cinéma, Pierre Tcherniakowski s’était rapidement orienté vers la nouvelle technologie encore balbutiante. Embauché par Pierre Sabbagh, il a participé, en 1949, à la création du premier journal de la Radiodiffusion-télévision française (RTF). A l’époque, la France comptait moins de 3800 postes de télévision. Il tirera sa révérence près de soixante ans plus tard, à l’ère de la TNT et quand l’Hexagone affichera près de 2 écrans cathodiques par foyer. Quand l’artisanat de la première heure aura définitivement été transformé en industrie. Ne dira-t-il pas, d’ailleurs, que «le grand changement (ndlr: qui a marqué l’évolution de la télévision française), ce n’est ni la naissance de la 2e chaîne ni la couleur. Ce sont les années 80, l’arrivée du pognon»?

Des émissions cultes

La carrière de l’homme de télé reste marquée par de nombreuses émissions cultes: Cinq colonnes à la une, La Boîte à sel, première émission satirique de la RTF et dans laquelle apparaissent les jeunes Poiret, Serrault ou Noiret qu’il filmera plus tard sur pellicule, La Piste aux étoiles (dédiée au cirque, de 1966 à 1987), L’Ami public numéro un (consacré à l’univers de Walt Disney), SVP Disney (qui a marqué le jour de Noël de 1964 à 1978) et, surtout, Monsieur Cinéma (1966-1988).

Ce jeu, qui testait les connaissances des candidats sur le septième art à renfort d’extraits de films et d’interview, a valu à Pierre Tchernia l’un de ses surnoms éternels. Avec les autres programmes qu’il imaginera plus tard pour transmettre son amour du grand écran sur le petit – Jeudi cinéma, Mardi cinéma –, cette émission l’a véritablement intronisé comme l’une des figures incontournables du cinéma français. En tant que passeur mais aussi créateur.

«Les Enfants de la télé»

Scénariste, comédien et metteur en scène, celui qui est né le 29 janvier 1928 à Paris d’un père ingénieur, immigré ukrainien, et d’une mère couturière ne s’est pas contenté, en effet, de distiller son bagage encyclopédique. En tant qu’acteur, il est apparu dans près de 20 longs-métrages, dont La Guerre des boutons (1962) ou Astérix et Obélix (2002). Ami de René Goscinny, il a participé, à ses côtés, à l’adaptation en animation de sept bandes dessinées du duo de Gaulois ou de Lucky Luke. Sans oublier les quatre films - du Viager en 1971, à Bonjour l’angoisse, en 1988 - qu’il a réalisés, entre autres feuilletons ou téléfilms.

Après s’être fait plus discret dans les années 1980, Pierre Tchernia a retrouvé une place de choix sur l’écran cathodique grâce à Arthur. Ensemble, ils ont coprésenté Les Enfants de la télé, de 1994 à 2006. «Monsieur Cinéma» devient alors «Magic Tchernia». Et séduit, autant avec son physique imposant (1,87 mètre), son regard de velours ou ses anecdotes croustillantes, toute une nouvelle génération de téléspectateurs.

Créé: 10.10.2016, 13h29

Arrivé à la télévision quand elle était balbutiante, Pierre Tchernia était du premier journal télévisé de la RTF en 1949. Il a animé de nombreux programmes de divertissement mais restera ce «Monsieur Cinéma» qui a invité des Lino Ventura et autres stars du grand écran sur le petit.

Le metteur en scène Pierre Tchernia laisse derrière lui une petite filmographie de comédies populaires tournées avec la fine fleur du cinéma français, comme Le Viager avec Brasseur, Carmet et Noiret en 1972. Suivront Les Gaspards (1974), La gueule de l’autre (1979) et Bonjour l’angoisse (1988).

Pour la télévision, Pierre Tchernia a réalisé, entre autres téléfilms ou feuilletons, cinq adaptations de nouvelles de Marcel Aymé, dont Le Passe-muraille en 1977, avec Andréa Ferréol et Michel Serrault. En 1997, le journaliste réalisait son dernier documentaire, dédié à l’un de ses amis: Jean Carmet, la liberté d’abord.

A l’instigation de Goscinny, le dessinateur Uderzo (photo) a caricaturé Pierre Tchernia dans 5 albums d’Astérix et Obélix. Avec le scénariste du duo de Gaulois ou de Lucky Luke, l’homme de télé a participé à sept adaptations d’albums sur grand écran, jouant souvent le rôle du narrateur.

Entre 1994 et 2006, Arthur relance la carrière de l’animateur en lui demandant de coprésenter l’émission Les Enfants de la télé. Mémoire vivante du petit écran, il y distillera ses anecdotes sur fond d’archives. Pour toute une nouvelle génération de téléspectateurs, il devient «Magic Tchernia».

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