Strauss fait valser les enfants de Piccolo Opera

SpectacleDe jeunes passionnés d’art lyrique chantent «Une nuit à Venise» au Théâtre de l’Espérance. Rencontre

Une scène de répétition de «Une nuit à Venise». La première a lieu vendredi 10 juin.

Une scène de répétition de «Une nuit à Venise». La première a lieu vendredi 10 juin. Image: georges cabrera

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Effervescence en coulisses au Théâtre de l’Espérance. Accompagné au piano par le compositeur et chef d’orchestre Paul Hess, un groupe d’enfants se chauffe la voix. Vocalises juvéniles pour une opérette de Johann Strauss fils, Une nuit à Venise, à découvrir vendredi et samedi aux Eaux-Vives. Sur scène, 51 acteurs-chanteurs vont interpréter ce vaudeville à la viennoise créé initialement en 1883. Les plus jeunes, les petites Héloïse et Mai Lan n’ont que 4 ans. A l’opposé, Irène et Jacqueline filent sur leur trois quarts de siècle. Entre les deux, une ribambelle de jeunes pousses, membres de l’école Piccolo Opera dirigée par Sophie Ellen Frank.

«On a une base très solide d’adolescents. Vocalement, ils sont époustouflants», assure la cantatrice genevoise, attentive à corriger le moindre détail chez ses élèves, bouillonnants d’excitation à l’approche de la première. Fin prêts? «Ouiiii!» s’exclament en chœur Maïwenn (14 ans) et Cyriel (12 ans), deux des rôles principaux de cette Nuit à Venise où les quiproquos et les intrigues amoureuses rocambolesques se succèdent entre personnages haut en couleur.

«Je joue Ciboletta, la fiancée du cuisinier napolitain Papacoda», explique Maïwenn, passionnée par l’art lyrique depuis toute petite. «A deux ans, je chantais déjà l’air de la Reine de la nuit de la Flûte enchantée. Mon parrain musicien m’a poussé à faire du chant, il disait que j’avais une très belle voix. Moi, j’avais plutôt envie de théâtre. L’opéra, ça mélange les deux.» Interprète du barbier Caramello, Cyriel adore lui aussi le bel canto. «Ça me permet de me décontracter après l’école», raconte le garçon, qui chante depuis qu’il a 6 ans. «Au début, quand j’ai dit à mes copains que je faisais de l’opéra, ils ont réagi un peu bizarrement…»

Qu’à cela ne tienne: au sein de Piccolo Opera, Cyriel tout comme Maïwenn se sont fait de nombreux amis. «C’est devenu une sorte de grande famille», constate l’adolescente. Plus petites, mais pas moins enthousiastes, Inès, Emma, Annabelle et Charlotte abondent dans le même sens. Du haut de leurs 9 ou 10 ans, les fillettes se réjouissent de donner de la voix vendredi et samedi dans des rôles de cuisinières italiennes aux noms de pâtes: Parpadelle, Gnocchi et autre Farfalla. Comprennent-elles bien le sens des paroles, chantées en allemand? «Bien sûr. Je suis dans une école bilingue français-allemand», répond Emma. «On nous a traduit les textes, pour qu’on sache ce qu’on dit en chantant», ajoute Inès. Thomas, 12 ans, n’a pas davantage de problèmes avec la langue de Johann Strauss. «J’adore l’allemand», assure le môme, qui a découvert l’opéra en allant voir un spectacle d’Offenbach avec son école.

Prodiguant tout à la fois une approche artistique et pédagogique au sein de Piccolo Opera, Sophie Ellen Frank n’a pas choisi Une nuit à Venise par hasard. «J’avais envie de donner à des enfants francophones l’opportunité d’aimer l’allemand. Et d’éveiller leur curiosité sur cette culture fabuleuse de la musique viennoise.» Comme elle l’avait fait l’an dernier avec Un petit voyage dans la lune, d’après Offenbach, la cantatrice genevoise a réécrit une partie du livret, gommant les connotations grivoises peu adaptées à des bouches enfantines. «Au niveau musical en revanche, on est resté fidèle à Strauss.» Un compositeur qui, plus de cent ans après sa mort, fait toujours valser les gens. Même les plus jeunes.

«Une nuit à Venise», Théâtre du Centre de l’Espérance, rue de la Chapelle 8. Ve 10 juin à 19 h, sa 11 juin à 15 h. www.piccoloopera.ch (TDG)

Créé: 08.06.2016, 18h14

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