Ces stars qui ont adopté Genève

ArtistesCharles Aznavour vit en Suisse depuis quelques années.

Pour Charles Aznavour, la route sera longue et les critiques nombreuses. En 1956, il compose «Sur ma vie» premiers grands succès. S’enchaînent alors les galas et les disques, dont une chanson, «Je m’voyais déjà», qui connaîtra un triomphe instantané. Le voici sur scène au début des années 60.

Pour Charles Aznavour, la route sera longue et les critiques nombreuses. En 1956, il compose «Sur ma vie» premiers grands succès. S’enchaînent alors les galas et les disques, dont une chanson, «Je m’voyais déjà», qui connaîtra un triomphe instantané. Le voici sur scène au début des années 60. Image: ROGER-VIOLLET

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Il fut longtemps résident genevois, et son cas est loin d’être unique. Parmi les nombreuses stars qui ont décidé un jour de s’installer dans la Cité de Calvin – et vous en trouverez un choix dans cette double page – Charles Aznavour aura su combiner la discrétion à une classe bien réelle. Son premier contact avec Genève a lieu, semble-t-il, en 1946. Cette année-là, il fait une vaste tournée avec Édith Piaf et les Compagnons de la chanson. Celle-ci passe par la Suisse, et à Zurich et Genève, ces vedettes chantent à guichets fermés. Aznavour n’est pas encore la star qu’il deviendra, il n’a pas encore écrit la plupart de ses grands tubes, «Je m’voyais déjà», «Comme ils disent» ou «Les plaisirs démodés».

Citoyenneté arménienne

C’est en 1972, le 17 juillet plus précisément, qu’il décide de s’installer en Suisse, apprend-on dans la monumentale biographie (637 pages) que vient de lui dédier Robert Belleret, «Vies et légendes de Charles Aznavour», aux Éditions de l’Archipel. Bien sûr, c’est pour échapper au harcèlement administratif dont il fait l’objet en France, en d’autres mots au fisc, qu’il prend cette décision. Johnny aura le même réflexe quelques années plus tard. Aznavour porte d’abord son choix sur le Valais, à Crans-Montana. Il y croise souvent Gilbert Bécaud, qui habite tout près. C’est finalement en 1977, après avoir été locataire de Sophia Loren, qu’Aznavour acquiert une villa à Corsier, dans le canton de Genève. Mais il la revend pour partir, avec toute sa famille, sous le soleil de Californie.

Ce n’est qu’en 1984 que l’auteur-interprète fait son grand retour à Genève. Il habitera successivement à Cologny, Vandœuvres puis Thônex. Cela jusqu’en 2012. Cette année-là, il décide de s’installer à Saint-Sulpice, dans le canton de Vaud. Considéré comme le plus suisse des chanteurs français, l’artiste, qui possède désormais son étoile sur le Hollywood Walk of Fame, acquiert également la citoyenneté arménienne en 2008.

L’artiste, ici en représentation officielle, est également représentant permanent de l’Arménie auprès de l’ONU à Genève. Photo: Peter Klaunzer

«Le 26 décembre 2008, le président de la République d’Arménie, Serge Sargsian, me confère la citoyenneté arménienne, et en février 2009, j’accepte le poste d’ambassadeur d’Arménie en Suisse, déclare-t-il sur le site d’Aznavour pour l’Arménie, association créée en 1988 suite au tremblement de terre qui a endeuillé le peuple et le pays d’où il est originaire. Le 30 juin 2009, j’ai présenté mes lettres de créance à Hans-Rudolf Merz, le président de la Confédération suisse. J’occupe également le poste de représentant permanent de l’Arménie auprès de l’ONU à Genève. Pour un fils d’émigrés sorti de l’école avec pour tout bagage un certificat d’études en poche, c’est étonnant.»

Débuts de carrière

Né Shahnourh Varinag Aznavourian le 22 mai 1924 à Paris, Aznavour, rappelons-le, a écrit plus de 800 chansons et en a enregistré plus de 1400. Mais sa popularité n’a pas surgi du jour au lendemain. Dès 1941, il crée, avec Pierre Roche, le duo Roche et Aznavour. Édith Piaf les remarque et les emmène dans une vaste tournée aux États-Unis et au Québec. Roche choisira de s’y installer pendant qu’Aznavour reviendra conquérir la France. Mais la route sera longue et les critiques nombreuses. En 1956, il compose «Sur ma vie», qui sera l’un de ses premiers grands succès. S’enchaînent alors les galas et les disques, dont une chanson, «Je m’voyais déjà», qui connaîtra un triomphe instantané. De quoi lancer une carrière qui lui permettra aussi de tourner dans plus de 80 films.


Petula Clark a choisi la Cité de Calvin il y a cinquante ans

Une Anglaise à Florissant

Petula Clark s’installe tout d’abord à Cologny, avant de rejoindre Florissant. Photo: Edipresse

Cinquante ans ont passé depuis le coup de foudre de la chanteuse Petula Clark et de son mari, Claude Wolff, pour Genève. Leur troisième enfant y est né en 1972. Petula a chanté sur nos scènes bien avant 1968, mais cette année-là, ce sont les préparatifs du film «Goodbye, M. Chips» qui l’attirent, avec son mari, sous nos cieux.

Alors que Paris est agité par les émeutes du mois de mai, la production américaine prend peur et déplace ses acteurs à Genève pour qu’ils puissent continuer à répéter en toute tranquillité. Ils sont confortablement logés au Richemond, à deux pas de la rade. Pendant que Petula répète avec son exact contemporain Peter O’Toole, son mari visite les environs. Un terrain à Cologny, en dessous de l’Auberge du Lion d’Or, lui fait de l’œil. Le couple, qui a déjà deux enfants, décide d’acheter cette propriété et d’y faire construire une maison. Ils y habitent plusieurs années. Leur plus proche voisin est Jean-Claude Killy et leur chien a ses habitudes devant la porte de la cuisine du Lion d’Or. Plus tard, ils déplaceront leurs pénates dans le quartier de Florissant.

Qui est Petula Clark? De son vrai nom Sally Olwen Clark, cette Britannique de sang gallois est née le 15 novembre 1932 à Epsom, en Angleterre. Elle joue très jeune dans des films anglais, sept au total de 1944 à 1948, alors qu’elle a entre 12 et 16 ans. Le public connaît sa voix car elle s’est fait entendre dès l’âge de 9 ans à la radio, chantant «Mighty Lak’a Rose» entre deux bombardements.

Son premier film est «Medal for a General», une comédie de Maurice Elvey dans laquelle elle tient le rôle de la jeune Irma. Côté chanson, elle fait un carton en 1954 avec «The Little Shoemaker», qui n’est autre que la version anglaise du «Petit cordonnier» de Francis Lemarque.

Elle ignore encore qu’en 1957, la France va la happer grâce au charme de Claude Wolff, qui deviendra son mari en 1961. Il travaille pour la maison de disques Vogue, qui éditera notamment «Downtown», son grand tube du début des années 60. Pour le public francophone, elle s’inscrit parmi les chanteuses «à accent» comme l’est alors Dalida ou le seront plus tard Jane Birkin et Jeane Manson. Ses fans la remettront même à l’ordre lorsqu’elle commencera à le perdre.

Pendant ses premières années genevoises, Petula Clark est au faîte de sa carrière. Elle quitte sa vie paisible à Cologny pour de longues tournées ou des tournages de films.

Toujours en 1968, le film «Finian’s Rainbow» («La vallée du bonheur»), de Francis Ford Coppola, lui a donné pour partenaire le grand Fred Astaire. Benjamin Chaix

Créé: 29.07.2018, 11h37

Nana Mouskouri

Plus de 50 ans à Genève

La chanteuse grecque réside à Genève depuis 50 ans.

Voilà plus de cinquante ans que la plus célèbre chanteuse grecque a élu Genève. Mais contrairement à de nombreux artistes, ce choix n’était pas dicté par les forfaits fiscaux suisses. Mais plutôt par cette envie de se retrouver sur un territoire neutre et dans une ambiance plutôt calme. Depuis, elle s’est intégrée à la ville, s’y est fait des amis et aime s’y ressourcer entre deux concerts internationaux. À l’origine, elle vivait dans une belle villa de Cologny, qu’elle a vendue au départ de ses enfants pour aller s’installer au centre-ville avec son compagnon. Âgée de 83 ans depuis l’automne dernier, Nana Mouskouri continue à faire des tournées et à enregistrer. Elle a vendu plus de 300 millions de disques.
P.G.

Alain Delon

Une star dans les faits divers

La star avait sa société dans notre ville.

En 2015, il déclarait au «Parisien» qu’il passait son temps entre son appartement de Genève et un autre à Paris, sis au boulevard Haussmann. Mais ses liens avec la Cité de Calvin remontent à 1978. Cette année-là, il fonde sa marque et société, Alain Delon Diffusion SA. Dans la foulée, il va se décider à habiter en Suisse et loue dès 1985 une splendide villa à Chêne-Bougeries. Il se sent alors très suisse et obtient la nationalité en 1999. Deux de ses enfants, Anouchka et Alain-Fabien, y ont d’ailleurs grandi. Ce dernier fera parler de lui en 2011 avec un fait divers. Lors d’une soirée, une adolescente est blessée par balle au domicile de l’acteur. Le fils d’Alain Delon écopera de cinq mois de prison avec sursis.
P.G.

Sophia Loren

Une affaire de famille

Toujours glamour, même pour faire ses courses.

Il y a quelques années, elle nous avait accordé une interview exceptionnelle. Et nous avait reçus dans son très grand appartement du quartier des Tranchées pour parler de tout, de sa carrière comme de ses enfants. Installée à Genève depuis 1968, année de sa troisième grossesse, la star se montre relativement peu et continue à jouer le jeu d’un certain glamour hollywoodien, y compris lorsqu’elle va faire ses courses dans des magasins où elle a ses habitudes. Sophia Loren reste considérée comme l’une des plus belles femmes du monde. Ses deux fils, Carlo Ponti Jr. et Edoardo Ponti, sont nés à Genève. Ce dernier s’y est également marié et son épouse a accouché de ses deux enfants dans la Cité de Calvin.
P.G.

Isabelle Adjani

La plus discrète de toutes

L’actrice en quête de tranquillité au bout du lac.

«Lorsqu’on a la possibilité d’offrir à ses enfants une meilleure qualité de vie, il ne faut plus hésiter», déclarait Isabelle Adjani en 1996, année de son installation à Genève. De toutes les stars établies dans la Cité de Calvin, elle demeure la plus discrète ou la plus cachée. Certains Genevois ont pu la voir promener ses enfants au parc Bertrand, il y a quelques années (ils sont grands désormais), et les paparazzis la laissent tranquille, alors qu’elle souffrait de leur harcèlement à Paris. Mais selon une rumeur parfois relayée, si elle s’est installée à Genève, c’était aussi pour empêcher (grâce à une loi helvétique) le père de son deuxième fils, le comédien Daniel Day-Lewis, d’en avoir la garde.
P.G.

Marie Laforêt

Pour l’amour de l'art

À Genève depuis 1978, elle a acquis la nationalité suisse.


Interprète d’«Il a neigé sur Yesterday» et de dizaines d’autres tubes savoureux, la fille aux yeux d’or vit à Genève depuis 1978. Jusqu’en 1981, elle y tiendra même, par passion, une galerie d’art. Motif de son installation dans la Cité de Calvin? Pouvoir élever ses enfants en toute tranquillité. Parmi ceux-ci, la future réalisatrice Lisa Azuelos («LOL» et «Dalida»), qui était alors adolescente mais n’a jamais été proche de sa mère. Elle sera même placée avec son frère dans une pension suisse avant d’être envoyée vivre chez une dame dans la Sarthe. «Genève, c’est la plus grande rencontre amoureuse de ma vie», déclara plus tard Marie Laforêt, qui depuis a acquis la nationalité suisse. On l’aperçoit parfois dans un restaurant de la Vieille-Ville.
P.G.

Zizi Jeanmaire

Sur les pas de Roland Petit

La danseuse étoile Zizi Jeanmaire.

L’étoile française Renée dite Zizi Jeanmaire ne serait pas venue vivre à Genève si son mari, Roland Petit, n’en avait pas décidé ainsi. Le couple débarque en 1997 sur les rives du Léman, en provenance de Marseille, le chorégraphe débordant de projets et Zizi suivant le mouvement. L’inoubliable Carmen des Ballets de Paris (fondés par Roland Petit) n’a pas oublié son «truc en plumes» et en déploie les sortilèges sur les scènes du Théâtre de Carouge et du BFM. D’une villa à Cologny, ils passent dans un appartement de la Grand-Rue, exposent leurs souvenirs au Musée Rath, avant le veuvage pour Zizi, son mari étant décédé à Genève en 2011. Elle est aujourd’hui âgée de 94 ans.
Benjamin Chaix

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