Stallone, sa vie en film de «Rocky» à «Creed»

Cinéma«Creed 2» est le 8e volet d’une franchise née en 1976.

Rocky Balboa coache Creed Jr. dans ce nouveau volet d’une franchise née il y a plus de quarante ans. Découvrez la critique de notre journaliste Cinéma, Pascal Gavillet. (Vidéo: Sébastien Contocollias)
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De «Rocky» à «Creed 2». Et de Stallone à Stallone. Peu d’acteurs auront à ce point fait corps avec leur personnage. Jusqu’à l’incarner durant presque toute sa vie, par un effet de mimétisme pieusement calculé, sans jamais y renoncer, comme s’il était né en même temps. D’ailleurs, on peut, à quelques détails près, résumer sa filmographie en évoquant uniquement les titres composant cette saga. En 1976, devant les caméras de John G. Avildsen, Sylvester Stallone incarne Robert Balboa Sr., alias «Rocky». Le scénario, c’est l’acteur qui en a eu l’idée en regardant, en mars 1975, un combat entre Mohamed Ali, alors star planétaire de la boxe, et un inconnu, Chuck Wepner. Lequel va défier le champion en lui tenant tête et poings durant quinze rounds avant de s’incliner, manquant de peu de renverser des règles tacites qui voient invariablement triompher le favori.

Stallone en tire un scénario écrit en quelques jours. Cette histoire de boxeur modeste affrontant un grand champion intéresse deux producteurs d’United Artists, Irwin Winkler et Robert Chartoff. La production démarre. Mais le studio cherche une star pour incarner le rôle principal. C’est là que les problèmes commencent. Les noms de Robert Redford, Burt Reynolds, James Caan et Ryan O’Neal sont cités. Stallone s’y oppose. Il veut jouer lui-même le rôle de Rocky. Son entêtement est payant et il emporte le morceau. Le film est tourné en 28 jours avec un budget dérisoire de moins d’un million de dollars. En 1976, son succès est planétaire et le film rapporte 225 millions de dollars. Il remportera même l’Oscar du meilleur film. C’est peu dire que la carrière de Stallone est lancée. Et surtout que Rocky deviendra une franchise qui connaîtra sept suites, «Creed 2» étant donc la huitième.

Dimension sociale

Le triomphe du premier Rocky s’explique aussi par une peinture des laissés-pour-compte et des moins-que-rien que l’Amérique aime porter aux nues lorsqu’ils parviennent à prendre leur revanche. Le film, au-delà des scènes de combat parfaitement réglées, possède une dimension sociale tout à fait digne et ne s’apparente pas uniquement à un divertissement du samedi soir, comme certains pourraient le croire. Mais le combat final entre Rocky Balboa et Apollo Creed laisse sans doute le public sur sa faim.

Une suite voit le jour trois ans plus tard. Elle démarre presque là où «Rocky» s’arrêtait. Et cette fois, c’est Stallone lui-même qui la signe. Le scénario de «Rocky 2 – La revanche» est presque le même que celui du premier volet, sauf en ce qui concerne sa conclusion. Cette impression de réchauffé n’empêche pas le succès, sauf en France où, paradoxalement, cet opus se ramasse. À nouveau signé par «Sly», le troisième volet de la saga, «Rocky 3 – L’œil du Tigre» (1982), inverse la tendance. Rocky va y reprendre son titre de champion du monde et voit son ancienne rivalité avec Creed se muer en amitié.

Adversaire mythique

Le casting de ce troisième volet inclut Mr. T, catcheur qui connaîtra suite au film une gloire subite. Loin de s’essouffler, la saga se trouve même totalement relancée avec un quatrième opus, «Rocky 4» (1985), encore dirigé par Stallone, avec cette fois la rencontre d’un adversaire mythique, le Russe Ivan Drago, campé par le comédien suédois Dolph Lundgren, qui passe depuis pour le grand ennemi de Rocky.

Ce volet est clairement politisé et s’ouvre sur la mort d’Apollo Creed, tué par un adversaire russe. Le film se veut métaphore politique du combat que se livrent les deux blocs, l’Amérique et la Russie, ce qui fera d’ailleurs polémique. Quant au tournage, il sera plutôt violent, Stallone passant même quinze jours à l’hôpital. Les traumatismes de son combat avec Drago se font ressentir lors du cinquième opus, un «Rocky 5» (1990) qui nous fait retrouver John G. Avildsen derrière la caméra. Comparé aux précédents volets, c’est un échec. Il est temps de raccrocher les crampons. C’est donc la fin de la saga.

Sauf que seize ans plus tard, en 2006, Rocky fait à nouveau parler de lui. Désormais à la retraite, endeuillé par le décès de sa femme, en froid avec son fils Robert, très distant, il décide de reprendre le chemin du ring. Cet ultime tour de piste, qui s’appelle simplement «Rocky Balboa», marque les adieux de Stallone à son héros, l’acteur tenant une fois encore à réaliser lui-même le film. Tout aurait pu s’arrêter là. Mais c’était mal connaître le monde de Rocky.

En 2015, Rocky va laisser la place à «Creed» (tourné par Ryan Coogler), fils de son ancien adversaire et ami, Apollo Creed. Un fils qui n’a jamais connu son père et qui va tenter de convaincre Rocky de devenir son entraîneur. Cette resucée a pour effet de relancer la franchise et de séduire une nouvelle génération. «Creed 2» (de Steven Caple Jr.), huitième film de la série, arrive aujourd’hui dans ce même but. Toujours coaché par Rocky Balboa, Adonis Creed, devenu champion du monde des poids lourds, va devoir affronter le fils de Drago, l’ennemi de toujours, celui qui a tué son propre père. Derrière ces ressorts tragiques, le film marque le retour des anciens, de Dolph Lundgren, de Brigitte Nielsen. Faute d’être surprenant, cet éternel recommencement n’est pas déplaisant.

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08/01/2019 17:30:00

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(TDG)

Créé: 08.01.2019, 18h03

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