Pour son spectacle de diplôme, la Manufacture sort sa playlist

ThéâtreLa compagnie italienne Motus dirige la promo J de la Haute École des arts de la scène dans «Rip it up and start again».

Dialogue de générations entre post-punk et Manufacture.

Dialogue de générations entre post-punk et Manufacture. Image: CIE MOTUS

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est à la Comédie de Genève que la 10e promotion d’acteurs formés à la Manufacture lausannoise est venue cette fin de semaine étrenner sa création de sortie – avant une tournée qui emmènera les quinze diplômés ailleurs en Suisse, en Italie et à Paris. Admis à la rentrée de 2016, les étudiants ont déjà travaillé avec des professionnels de la trempe d’un Pascal Rambert, d’un Christophe Honoré ou d’un Luk Perceval, entre autres.

Les libres penseurs italiens Enrico Casagrande et Daniela Nicolò, fondateurs en 1991 de la Cie Motus, les mettent en scène, au terme de plus d’un an d’atelier théâtre, dans «Rip it up and start again» («Déchire tout et repars à zéro»), titre inspiré d’un livre sur le phénomène post-punk à la frange des années 70 et 80.

Ce «spectacle-concert-karaoké-manifeste» écrit collectivement fait dialoguer, de part et d’autre d’un long rideau de fils, les artistes du mouvement précité avec les jeunes de 2019. Lesquels se trouvent en somme confrontés à la génération de leurs propres parents – et, peu ou prou, de leurs maîtres d’œuvre. Dans un mouvement d’allers-retours à la fois historiques, politiques et artistiques, les aspirants comédiens échangent ainsi avec d’iconoclastes idoles de circonstance tels que feu Ian Curtis (le chanteur de Joy Division), Lydia Lunch, les groupes Gang of Four, The Slits, Siouxie and The Banshees, Tuxedomoon ou Scritti Politti. Ils en chantent les morceaux, en traduisent les paroles, en dansent les chorés; ils en ressuscitent l’esprit, en prolongent la radicalité, tandis que se superposent vidéos d’archives ou tournées en direct, dans un style conforme aux tendances qui dominent les plateaux actuels.

Assister au spectacle de sortie d’une école en dit aussi long sur les principes défendus par celle-ci que sur le potentiel de ses élèves. À savoir, dans le cas de la promotion J, qu’on attend de cette relève qu’elle ait un tempérament davantage qu’une technique de composition, par exemple. Que l’engagement l’emporte sur la compétence. Quant au texte, a fortiori de répertoire, il s’est réduit à portion congrue. Qui plus est, pour assurer l’équité des passages à l’avant-scène et satisfaire à l’exigence du showcase, la pièce doit se soumettre à la forme d’un défilé. Si bien qu’immanquablement, quelle que soit la rage véhiculée, on croit paradoxalement assister à un télé-crochet. Katia Berger

www.manufacture.ch

(TDG)

Créé: 26.05.2019, 20h53

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Manifs partout en Suisse
Plus...