Le souvenir vivace de Michel Simon

Le futur quartier des Vergers, actuellement en construction.

Le futur quartier des Vergers, actuellement en construction. Image: LAURENT GUIRAUD

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La date est historique. 1895. Cette année-là, la première projection publique d’un film en France a lieu. Le cinéma était né. C’est la même année que l’un des plus grands comédiens du XXe siècle voit le jour. Michel Simon. L’événement a lieu le 9 avril à Genève, dans une maison de la Grand-Rue, juste en face de celle où naquit Rousseau. Une plaque commémorative est d’ailleurs apposée sur l’immeuble. Simon est surtout aujourd’hui la seule personnalité du septième art, fort mal représenté à Genève, à avoir une rue à son nom.

Celle-ci est coincée entre la Jonction et Plainpalais, presque parallèle à l’avenue de Sainte-Clotilde. Peu visitée, presque inconnue, pas vraiment à la hauteur de la personnalité dont elle porte l’identité. «On lui a donné une vilaine rue, concède André Chevailler, retraité de la Cinémathèque suisse, qui se souvient avoir rencontré un jour l’acteur. C’était dans les Rues-Basses, l’année avant sa mort, donc en 1974. Il venait en général voir son fils François, qui était resté à Genève. Ce qui était formidable, c’est que tout le monde le reconnaissait et venait lui parler, le complimenter, lui dire des choses gentilles. Il était adoré dans sa ville, et cela lui faisait un bien fou.»

Genève, Michel Simon y passe son enfance, puis une partie de son adolescence. Il fait ses classes au Collège Calvin mais ne montre aucune disposition pour les études. En revanche, ses aptitudes pour l’art dramatique ne vont pas tarder à se réveiller. A l’âge de 16 ans, il quitte Genève pour Paris puis revient en Suisse, appelé au moment de la Première Guerre mondiale. Il fait un piètre soldat – on l’imagine –, passe du cachot à l’infirmerie puis se fait finalement soigner à Leysin. De retour à Genève, il se lance dans la photographie et, à l’occasion d’une série de portraits des acteurs de la troupe Pitoëff, il décroche un petit rôle dans celle-ci en 1920.

Le public l’acclame déjà

«Il s’est fait remarquer tout de suite, raconte André Chevailler. Dans la presse de l’époque, on apprend que le public finissait par ne venir que pour lui, même s’il n’avait que quelques minutes de présence sur scène.» Dans cette logique, il va monter à Paris avec Pitoëff et sa carrière va prendre l’ampleur que l’on sait, au théâtre comme au cinéma. Il aura tout de même le temps de tourner un film en Suisse, l’un des seuls, La vocation d’André Carrel de Jean Choux, en 1925. Pour son lien avec Genève, c’est à peu près tout. «Il y revenait souvent, car ses parents y habitaient, commente André Chevailler. Et il avait épousé une Suisse alémanique qui sauf erreur avait un lien de parenté avec la librairie Prior (ndlr: information que nous n’avons pas pu vérifier).» Vers la fin de sa vie, il avait également tenté de monter un musée érotique dans la Cité de Calvin, avec ses propres collections, énormes selon la légende. Projet qui ne s’est jamais fait.

Naissance d’un quartier

Contrairement à son père, François Simon a toujours vécu à Genève et tourné avec de nombreux auteurs du cru. Dont Alain Tanner ou Claude Goretta. Deux cinéastes dont des rues de Meyrin porteront bientôt le titre d’un de leurs films pour un projet d’écoquartier actuellement en construction. «L’ensemble sera terminé en 2019», nous précise Fanny Grand, assistante de projet à la Ville de Meyrin. On pourra alors y découvrir une rue des Arpenteurs (film de Michel Soutter), une promenade de la Dentellière (de Claude Goretta), une promenade des Apprentis (d’Alain Tanner), une esplanade des Récréations (de Jean-Louis Roy) et une allée des Petites-Fugues (d’Yves Yersin).

Hormis Yersin, tous ces cinéastes sont Genevois et font à l’origine partie de ce qu’on a appelé le Groupe 5, qui correspond à cette nouvelle vague suisse née dans les années 60. Pour l’heure, à l’exception d’un groupe de deux immeubles déjà habités depuis le mois de mai (sur la promenade de l’Aubier), tout le site est en construction. Entre grues et machines de chantiers protégées par de hautes grilles, difficile de se rendre compte de la physionomie de ce futur quartier des Vergers dont les thèmes privilégient le cinéma suisse, mais aussi la science et l’innovation (nous sommes près du CERN).

Les rues et promenades y suivront des parallèles précises, et l’allée des Petites-Fugues, pour l’heure inexistante, les contournera sur la droite. Le parc des Arbères, dans le prolongement du chemin qui porte ce nom, coupera le quartier en deux portions. L’Hôpital de La Tour, le CERN et le centre sportif de Meyrin sont proches du futur quartier dont les immeubles compteront 1358 logements.  

Créé: 06.07.2016, 18h19

Bio express

9 avril 1895 Naissance à Genève de Michel Simon, dans un immeuble de la Grand-Rue.

1920 Il intègre la troupe des Pitoëff à Genève et connaît un succès quasi immédiat.

1925 Il fait ses premiers pas dans un film suisse de Jean Choux, La vocation d’André Carrel.

1932 Boudu sauvé des eaux de Renoir est l’un des chefs-d’œuvre de sa filmographie. Il en tournera des dizaines d’autres, de Quai des Brumes à La poison.

30 mai 1975 L’acteur décède à son domicile de Bry-sur-Marne, près de Paris.






























































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