«Sopro», éloge du souffle et du métier de souffleur

ScènesLe Portugais Tiago Rodrigues revient à Meyrin avec une vibrante défense de l’art dramatique.

Centrale et invisible, la souffleuse incarne l’art de la scène.

Centrale et invisible, la souffleuse incarne l’art de la scène. Image: FILIPE FERREIRA

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Entre Tiago Rodrigues et Anne Brüschweiler, c’est une passion déclenchée en 2015, quand la directrice du Théâtre Forum Meyrin découvre l’œuvre du metteur en scène, dramaturge et acteur dans le off du Festival d’Avignon. «À l’issue de son spectacle «By Heart», je lui ai littéralement sauté dessus, se souvient la programmatrice, pour lui demander de venir quand il le voudrait: je l’attendais!»

Deux ans plus tard, au printemps de 2017, elle lui consacre un mémorable et grouillant «Festiago» qui enchante le public. La «palette esthétique» de l’homme de théâtre commence tout juste, à l’époque, à subjuguer hors des frontières portugaises. «Ça s’est enflammé instantanément.»

«Parmi les multiples talents de Tiago, poursuit son hôtesse, sa qualité d’auteur me touche le plus. Ses textes font vivre à la fois la littérature et le théâtre, son écriture marie leurs histoires.» Accueilli pour la deuxième fois cette saison, le directeur du Théâtre national Dona Maria II de Lisbonne révèle «Sopro» («souffle») en lusitanien surtitré français.

Créée en 2017, la pièce a pour pivot l’ombre et le doute. Construite autour de la figure de Cristina Vidal, l’une des dernières souffleuses encore en activité, «Sopro» célèbre un métier invisible et néanmoins essentiel au soutien de l’acteur hésitant. Un métier qui tient également lieu de métaphore au théâtre lui-même, cet artisanat que d’aucuns craignent menacé. Ainsi de Rodrigues lui-même, lorsqu’il imagine la fermeture de son établissement, laissant en rade cette ouvrière à la fois mémoire du comédien, complice du metteur en scène, gardienne du texte, archive du passé, oxygène dans les poumons et mystère de l’inspiration… «Le plus fort, c’est que «Sopro» embarque dans les coulisses sans jamais tomber dans la démagogie», conclut Anne Brüschweiler.

«Sopro» Théâtre Forum Meyrin, je 28 fév. et ve 1er mars à 20 h 30, 022 989 34 34, www.forum-meyrin.ch

Créé: 26.02.2019, 19h36

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