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Sensationnel à Paléo, Julien Doré nous a mis en transe

Le chanteur français a subjugué son public avec sa générosité. Chair de poule et palpitations.

Photo d'archive, Julien Doré à Paléo en 2014.
Photo d'archive, Julien Doré à Paléo en 2014.
Laurent de Senarclens

J’ai triché. Je ne suis pas restée assise une demi-heure, l’œil ouvert et l’oreille dressée, comme l’exige cette chronique de l'été, «30 minutes chrono». Mais debout. Pendant une heure et demie. En transe. Avec 5000 personnes, tout aussi fascinées.

Paléo, mercredi soir. La sensation de la soirée? Ni les Pixies, ni Arcade Fire, ni le talentueux Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp, mais Julien Doré. Oui, l’ex-vainqueur 2007 du télécrochet Nouvelle Star, qui portait une barrette violette dans ses boucles blondes en chantant une version toute personnelle de Moi, Lolita.

Je l’avoue, je suis arrivée devant la scène des Arches avec quelques a priori. Etrange, tout ce monde, pour ce minet-dandy. Oui, j’ai ricané un peu, en entendant mon voisin de droite persifler en début du concert «Il a l’air de s’aimer beaucoup, quand même…» Crinière au vent, le corps moulé dans un combo slim et marcel noir au décolleté pigeonnant, Julien Doré enchaîne les déhanchés de mâle alpha sortant du fitness. Quasi caricatural, il prêterait à rire. Et pourtant, on ne rit pas. Julien Doré vous entraîne à lui, progressivement. Même les hommes – à mon grand étonnement très nombreux dans le public – sont sous le charme. Ça commence timidement, par des appréciations viriles de type «Il chie fort, hein?» pour arriver à des coming out conquis du style «Je suis complètement amoureux du personnage» ou encore «Après ce soir, je n’aurai plus honte à me dire fan de Julien Doré». Hommes et femmes, donc, tout le monde reprend les paroles et les airs – souvent répétitifs – des chansons. Une émotion quasi palpable se déploie dans le public: un savant cocktail de bienveillance, d’admiration, d’excitation et de sérénité. Presque du bonheur.

Mais comment diable fait-il pour provoquer une telle magie? On pourrait miser sur sa voix rauque, lyrique par moments, ostensiblement sexuelle. Ou alors sa capacité à capter la lumière – crever l’écran, dirait-on au cinéma. Marilyn Monroe au masculin, magnétique, animal, complice. Mais ces atouts pourraient être réduits à néant sans la générosité dont fait preuve le chanteur. Il se situe à l’opposé de ces stars qui méprisent leur public, se permettant retards, manque de travail, insultes et autres doigts d’honneur. Extrêmement rodé, Julien Doré s’est donné corps et âme dans chacune de ses chansons, sautant, balançant sa chevelure avec passion, suant à grosses gouttes toute l’eau qu’il buvait sur scène. Ses innombrables et larges sourires, ses remerciements et déclarations d’amour au public aussi bien qu’aux bénévoles du festival, sa folle énergie offerte comme une nuit d’amour à son public, tout cela concourt à ce qu’on lui pardonne aisément son flamboyant narcissisme.

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