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Les secrets du paléo(lithique) révélés grâce à la génétique

«Afrique: 300 000 ans de diversité humaine» décrypte le passé de notre espèce.

Une vue de l’expo «Afrique: 300 000 ans de diversité humaine».
Une vue de l’expo «Afrique: 300 000 ans de diversité humaine».
CAROLE PARODI

Alors que les regards étaient récemment fixés sur le festival nyonnais, l’Unité d’Anthropologie de l’Université de Genève propose de livrer sa version du Paléo(lithique) avec une exposition en libre accès couvrant 300 000 ans d’histoire africaine, des premières traces archéologiques d’homo sapiens dans la région à nos jours.

À travers des postes et des installations très bien conçus par l’illustrateur genevois Aloys, on parcourt chronologiquement toute la préhistoire humaine sur le continent. Si l’apparition de l’espèce humaine en Afrique est aujourd’hui un fait largement admis dans les milieux scientifiques, la découverte l’an dernier de fossiles au Maroc a retardé son apparition d’environ 100 000 ans.

L’intérêt principal de l’exposition tient aux sources sollicitées: d’une part l’archéologie qui explore et déchiffre des reliques matérielles (objets d’arts ou outils, fossiles), d’autre part la génétique, science en plein développement.

Parfois, l’ADN peut nous narrer une histoire précise de certaines populations. Additionné aux résultats d’études sur les changements climatiques, migrations, et rites socioculturelles, le génome, qu’on arrive depuis peu à extraire des fossiles et à séquencer, nous livre ses secrets les plus enfouis.

Très à la mode aujourd’hui, le test génétique pour retrouver nos origines présumées fait pâle figure à côté du travail effectué par les chercheurs de l’UNIGE. Combinée aux résultats de recherches linguistiques, ethnologiques et archéologiques, la génétique met en lumière la formidable et impressionnante diversité du continent africain, et ce, dans tous les domaines cités.

On apprend par exemple que quelques comportements et types d’organisations sociales (sédentarisation, vie pastorale, etc.) ont un lien indirect avec la répartition de certains gènes. Ainsi en est-il de la tolérance au lactose, dont certains Européens peuvent bénéficier aujourd’hui: la domestication animale aurait amené cette modification génétique au terme d’un long processus, en raison du contact plus fréquent de certaines populations avec des produits laitiers.

Clef de voûte de l’expo, une installation en bois affiche une arborescence génétique qui, en plus d’être très esthétique, permet d’y voir plus clair dans le rôle des mutations dans l’ADN.

Synthétique et pédagogique, «Afrique: 300 000 ans de diversité humaine» parvient presque à nous faire oublier que Carl Vogt, le scientifique du XIXe qui a donné son nom au boulevard qui accueille l’exposition, était un grand théoricien du darwinisme social et autres pseudo-théories racistes.

«Afrique: 300 000 ans de diversité humaine», jusqu’au 6 septembre, UNIGE, 66 bld Carl-Vogt. Puis au Muséum du 28 sept. au 19 jan.

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