La scène réalise les rêves les plus fous

Tout publicPour ses 25 ans, le groupe Brico Jardin crée «Sweet Dreamz» au Théâtre Am Stram Gram. On observe les rêveurs en répétition.

Dans son ingénieux bric-à-brac, Brico Jardin peaufine, sous la direction de Robert Sandoz et Thierry Romanens (au centre), les réglages ciselés de ses «Sweet Dreamz».

Dans son ingénieux bric-à-brac, Brico Jardin peaufine, sous la direction de Robert Sandoz et Thierry Romanens (au centre), les réglages ciselés de ses «Sweet Dreamz». Image: PIERRE ALBOUY

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À quoi peuvent bien rêver les artistes une semaine avant de rencontrer leur public? Pour le savoir, nous nous sommes faits tout petits, tout discrets, pour nous immiscer dans le subconscient du quintet genevois Brico Jardin, là où se visse, se soude, se tord et se cale son nouvel alambic à rêves, destiné à susciter les vôtres par ricochet, Sweet Dreamz. Sur les pas d’Annie Lennox crissant le tube homonyme des Eurythmics, on plonge tête baissée dans les rêveries tues ou partagées, brisées ou accomplies, en fredonnant machinalement «everybody’s looking for something».

Comme tout inconscient qui se respecte, le plateau du Théâtre Am Stram Gram est jonché d’éléments hétéroclites. Un vrai capharnaüm, né de la fantasmagorie de l’auteur et musicien Marc Jeanneret. Pêle-mêle sous les fumigènes: de grandes bobines de papier déroulé, des instruments de musique à foison, des machines sans queue ni tête ni nom, un patchwork suspendu de serviettes de bain, des guirlandes d’ampoules ou de bouteilles, des micros, des faisceaux de lumières colorées dans tous les sens, une panoplie XXL de lapin rose jouxtant un masque de carpe géante.

Au milieu de ce bric-à-brac, aussi efficaces que les rouages opérant au tréfonds de nos âmes, des travailleurs s’affairent. Soit des techniciens aux compétences chirurgicales, ainsi que les cinq performeurs du groupe Brico Jardin, ficelé voici pile-poil 25 ans. Moins un, malade cet après-midi: si bien que les accords plaqués sur le clavier, contrairement au swing de la basse, aux syncopes de la batterie et aux mélodies modulées par Simon Aeschimann et Mariama Sylla, il faut laisser à l’imagination le soin de les inventer. Enfin, en guise de surmoi, le metteur en scène de théâtre et d’opéra Robert Sandoz, assisté de l’humoriste, chanteur et homme de théâtre Thierry Romanens, aiguillent avec méticulosité le train de l’onirisme.

Jour J-7, la répétition s’arrête en gare du finale, quand une chanson récapitule en les exauçant toutes les rêveries irréalisées, les ambitions avortées, les intentions déchues et autres désirs inassouvis des personnages rencontrés plus tôt dans le «rock’n’roll show». «Où vont les rêves de ceux qui sont morts?» ira-t-on même jusqu’à se demander. Au gré des couplets et des gestuelles millimétrés, un bébé déclarera enfin sa flamme à sa nounou, un participant à un jeu télévisé gagnera sa pluie de merguez et des sœurs jumelles laisseront libre cours à leur côté sombre.

Si un tour de chants suffit à combler les manques, pas besoin d’être Freud pour trouver la clé des songes: le rêve réjouit davantage que sa concrétisation. «Passer sa vie à rêver, c’est quand même le rêve!» résume Sweet Dreamz. Que Brico Jardin remporte ou non le prestigieux concours de musique qu’il brigue, son délire vaudra mieux que son élection. Tant que les enfants s’abreuveront de théâtre, ils connaîtront le bonheur. Et s’il faut quant à nous renoncer à déchiffrer un rêve d’artistes, on en oublie la velléité dès qu’on les voit à l’œuvre. (TDG)

Créé: 21.11.2017, 14h41

Pratiquement

Deuxième création Am Stram Gram de la saison, «Sweet Dreamz» se concrétise du 24 novembre au 3 décembre. Troisième proposition musico-théâtrale du quintet Brico Jardin (25 ans en 2017), sous la direction de Robert Sandoz et Thierry Romanens, elle fera rêver les 8 ans et plus.

Ce samedi 25 novembre à 18 h 15, rencontre avec l’équipe artistique et deux chercheurs en neurosciences de l’UNIGE. 022 735 79 24, amstramgram.ch

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