Sandrine Kuster nommée à la tête du Théâtre Saint-Gervais

ScèneLa directrice du Théâtre de l'Arsenic succédera à Philippe Macasdar.

Sandrine Kuster

Sandrine Kuster Image: Patrick Martin

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C’était l’une des nominations théâtrales les plus attendues de l’année. On sait désormais qui succédera à Philippe Macasdar à la direction du Théâtre de Saint-Gervais. Le Conseil de Fondation de la maison sise rue du Temple a finalement désigné Sandrine Kuster, l’actuelle directrice de l’Arsenic. Genevoise, celle qui a hissé l’établissement lausannois au sommet de la scène contemporaine s’est vue confier un mandat de quatre ans, renouvelable pour deux périodes maximales de trois ans. Elle présentera sa première saison à l’automne 2018 à Saint-Gervais.

Pour prendre le relais du patron de théâtre genevois à la plus remarquable longévité – Philippe Macasdar aura régné 24 ans à Saint-Gervais – pas moins de 51 candidats se sont manifestés. «Nous avons été surpris par la qualité des dossiers rendus, ce qui nous a permis de concentrer notre sélection sur des personnes de l’arc lémanique», explique Simone Irminger, vice-présidente du Conseil de Fondation. A l’arrivée, Sandrine Kuster (51 ans) s’est détachée, forte d’un CV en or: après avoir ouvert et codirigé le Théâtre de l’Usine pendant quatre ans, mené une carrière de comédienne au sein de la Compagnie des Basors et assuré la programmation théâtrale au Festival de la Bâtie durant quatre éditions, cette diplômée de l’école Serge Martin dirige le Centre d’art scénique contemporain de l’Arsenic depuis 2003.

«Nous recherchions quelqu’un qui puisse conserver au Théâtre Saint-Gervais sa singularité, son côté avant-gardiste et qui soit en mesure de gérer une équipe», reprend Simone Irminger. Sandrine Kuster offrait de bonnes garanties. Elle possède l’expérience de la gestion d’un théâtre et des négociations avec l’autorité politique. Si Saint-Gervais l’a attirée, c’est qu’elle n’est pas en rupture avec ce qu’a fait Philippe Macasdar. Elle amène néanmoins de nouvelles idées, notamment avec la velléité d’un tarif unique, qui permettrait d’aller à la rencontre d’un public que nous ne touchons pas toujours aujourd’hui.»

A Lausanne, dans un lieu dévolu à la jeune création et aux démarches expérimentales des arts de la scène, Sandrine Kuster a toujours défendu l’invention et le brassage. Compte-t-elle procéder de même au bout du lac? «Saint-Gervais n’est pas l’Arsenic», prévient l’intéressée, jointe au téléphone. «A l’Arsenic on produit énormément de spectacles, beaucoup de créations. Mon projet à Saint-Gervais est d’en faire moins, mais de renforcer l’encadrement, travailler plus en amont pour diffuser les spectacles, mieux les coproduire et donner les meilleures conditions de travail aux artistes.»

Fidèle spectatrice de Saint-Gervais depuis de nombreuses années, la future patronne n’entend pas faire table rase du passé. «Le lieu a une bonne réputation, une bonne fréquentation. Tout en amenant mon énergie et en modifiant certaines manières de faire, j’ai envie de poursuivre ce que Philippe Macasdar a construit avec beaucoup d’intelligence et une remarquable finesse d’analyse de ce qu’est le théâtre dans une Genève internationale, la Genève du plurilinguisme.» (TDG)

Créé: 08.03.2017, 16h39

Trois questions à Sandrine Kuster

Qu’avez-vous mis en avant dans votre dossier de candidature?
Mon projet est axé sur la création théâtrale. Comment se donner les moyens d’atteindre l’excellence dans la création romande? J’ai mis en avant les artistes romands et plus particulièrement genevois. Il y a beaucoup de talents de haut niveau. Mon idée, c’est de passer à une vitesse supérieure. Plutôt que de proposer beaucoup de choses, en faire un peu moins mais viser la qualité et la diffusion des œuvres.

L’an dernier, vous avez brigué la direction de la Comédie aux côtés de Joan Monpart. Saint-Gervais, c’est la même vision du théâtre?
Pas du tout. La Comédie, c’était une postulation à deux, avec un partage des tâches entre Joan Monpart et moi-même. Donc quelque chose de très différent. Saint-Gervais, c’est un autre type de structure, plus petite. Elle existe depuis très longtemps. C’est un théâtre qui n’est pas en construction. Je n’ai pas postulé du tout de la même manière que pour la Comédie.

Pendant longtemps vous avez habité Genève alors que vous travailliez à Lausanne. Depuis 2005, vous êtes établie dans la capitale vaudoise. Vous allez revenir au bout du lac?
Je pense qu’il le faudra. Pendant deux ans j’ai effectué la navette entre Genève, où j’ai vécu pratiquement depuis ma naissance, et Lausanne. Mais à un moment donné, j’ai senti le besoin de m’installer dans la ville où se situe le théâtre dans lequel je travaille. Je trouve que c’est important d’être proche des gens, de sentir une ville, son énergie, ses caractéristiques, sa dynamique.

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