Saltimbanques et représentants de commerce, même combat!

ScènesL’homme de théâtre genevois Elidan Arzoni sert Joël Pommerat au Grütli. Résultat mitigé.

Marc Mayoraz, Pietro Musillo, Anthony Candellier, Thierry Roland et Elidan Arzoni, camelots sur la scène du Grütli.

Marc Mayoraz, Pietro Musillo, Anthony Candellier, Thierry Roland et Elidan Arzoni, camelots sur la scène du Grütli. Image: CAROLE PARODI

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Avec Mort d’un commis voyageur, en 1949, Arthur Miller inaugurait un parallèle entre théâtre et univers de la vente que plusieurs auteurs sont venus nourrir par la suite. Joël Pommerat, lauréat de plusieurs Molières pour Ça ira (1) Fin de Louis et fleuron de la dramaturgie française actuelle, s’est notamment approprié le rapprochement dans La grande et fabuleuse histoire du commerce qu’il signait en 2011. Quant au Genevois Elidan Arzoni, toujours à l’affût de «points de vue forts» sur son époque, il jette aujourd’hui son dévolu sur ce drame caustique traquant les dégâts humains causés par l’idéologie du profit immédiat. Mieux: il s’y distribue un rôle.

Rideaux de franges grises, costumes anthracite, cravates argent: l’esthétique reproduit la vacuité anonyme et désincarnée d’une société marchande misant tout sur le boniment. Seule tache de couleur, la moquette grenat accueillera la chute de ceux qui ne se seront pas montrés assez habiles dans leurs techniques ou assez persuasifs dans leurs arguments. Que l’on pense à ses mises en scène d’Art (Yasmina Reza), de Clôture de l’amour (Pascal Rambert) ou de Contractions (Mike Bartlett), toutes confirment chez Arzoni une même élégance, une même rigueur qui, à force, semblent lui coller à la peau. Si sa démarche peut parfois s’avérer scolaire, elle reste exemplairement étanche à cette poudre aux yeux qu’il dénonce sans faiblir.

Un homme de théâtre plus moraliste qu’illusionniste, donc. Ce trait expliquerait-il le déséquilibre de son Histoire du commerce? Communiquer la théâtralité du vendeur exige en effet un jeu irréprochable. Or, sous la direction de notre ascète, on peine hélas à acheter le baratin de ses cinq représentants.

«La grande et fabuleuse histoire du commerce» Théâtre du Grütli, 2e, jusqu’au 28 jan., 022 888 44 88, www.grutli.ch

Créé: 16.01.2018, 18h32

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