Safari d’images chaleureuses en l’Île

ExpositionM.S. Bastian et Isabelle L. captent les vibrations de l’Afrique à travers une série de toiles et de sculptures.

«Baobab au lac Victoria». Un grand tableau (110 cm x 225 cm) inspiré à M.S. Bastian et Isabelle L. par un voyage en Afrique. Technique mixte sur toile.

«Baobab au lac Victoria». Un grand tableau (110 cm x 225 cm) inspiré à M.S. Bastian et Isabelle L. par un voyage en Afrique. Technique mixte sur toile. Image: DR

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Il y a peu, ils arpentaient encore le désert du Néguev, au sud d’Israël, à une centaine de kilomètres de Tel-Aviv. 34 degrés de moyenne, choc climatique garanti au retour pour M.S. Bastian et sa compagne, Isabelle L. «Ce genre de marche, ça permet de se vider la tête, loin de nos préoccupations habituelles», assurent les deux artistes biennois, de passage à Genève pour la fin de leur belle exposition «Pulp - Africa - Safari», présentée jusqu’à samedi en l’Île.

À mi-chemin entre la peinture et la bande dessinée, le duo imagine des mondes colorés, truffés de références et d’hommages, qu’ils déclinent sur des tableaux fourmillant de détails. «C’est un engagement intense, quasi un mode de vie. On pense tout le temps aux travaux en cours, aux toiles à venir. Cela nous prend énormément d’énergie», assure ce couple en symbiose à la ville comme dans le secret de son atelier, attenant à son appartement.

Roadtrip en jeep

Autour des oasis, entre deux dunes d’un sable qui s’immisçait partout et des chameaux placides aux pattes impressionnantes, les Bastian ont débranché. Ils en avaient besoin pour se ressourcer. Du coup, pas de croquis pris à la volée dans des petits carnets, en vue d’un futur tableau. Quelques photos sans doute, mais de celles qu’on prend pour se souvenir, sans volonté de documentation. Tout le contraire en somme de leur précédent grand voyage, effectué il y a deux ans en Afrique et qui a abouti à l’exposition actuelle. «On a effectué un roadtrip en jeep à proximité du lac Victoria», raconte Marcel Sollberger, alias M.S. Bastian, dont le père a vécu sur le continent africain dans les années 50. «De retour à Berne, il avait ouvert un magasin, dans une cave voûtée. Rempli d’objets ramenés de différents voyages, l’endroit dégageait une atmosphère incroyable. Il a marqué mon enfance. À tel point que je dis volontiers avoir grandi en Afrique, alors que je n’y avais jamais mis les pieds jusqu’à récemment.»

Au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie et au Rwanda, le couple biennois a vécu des moments forts. «Souvent, on nous interpellait: «Mzungu! Mzungu!» En swahili, c’est le nom donné aux «voyageurs sans but». Pour les Africains, c’est juste inimaginable», se souvient Isabelle Laubscher, Isabelle L. de son nom d’artiste. «On est très vite très proche des gens. En discutant, ils te tiennent la main, ils te regardent intensément dans les yeux.» Un contraste absolu avec le Japon, lieu de leur précédent périple.

Privilégier le ressenti

«L’Afrique, c’est magique!» Sur place, la paire helvétique s’imprègne de multiples ambiances, captant les vibrations du moment et la culture populaire des pays traversés. Résultat? Toutes sortes d’images emmagasinées mentalement, entre affiches bariolées, scènes de rues grouillantes de vie et ambiances nocturnes à proximité du feu de camp. De retour en Suisse, il s’agit de réinterpréter le tout. M.S. Bastian et Isabelle L. entament une série de toiles aux couleurs chaleureuses. Quelques sculptures et installations viennent compléter l’ensemble. «On a mélangé notre univers avec des choses vues, en l’africanisant. Jamais documentaire, on aime bien mélanger la réalité et la fiction, privilégier le ressenti.»

À l’intérieur de ce melting-pot tout en fantaisie et en télescopage culturel, Tintin, Petzi, des avatars de Mickey ainsi que des personnages inspirés de Keith Haring ou de Mariscal apparaissent en guest stars. «C’est comme une petite déclaration d’amour à des mondes qu’on adore», commentent les artistes, qui glissent également dans leurs créations de charmants petits fantômes blancs aux grands yeux noirs, les fameux «Bastroppen», qui n’appartiennent qu’à eux.

Droit de veto

Reconnu comme une véritable entité, le duo réalise tous ses tableaux en étroite collaboration. «Chacun amène ses idées et intervient sur la peinture en cours, avec un droit de veto au final», expliquent-ils en chœur. Prolifiques, les Bastian? Et comment! On s’en convaincra en se plongeant dans «Bastomania», une copieuse monographie fraîchement parue, qui fait le tour de leur production. «C’est notre premier livre rétrospectif. Il y a tout dedans.» Une somme aussi ébouriffante qu’enthousiasmante.

Expo M.S. Bastian - Isabelle L., «Pulp - Africa - Safari», Papiers Gras, pl. de l’Île 1, jusqu’au 27 avril. Je-ve 12h-19h; sa 10h30-18h30
«Bastomania» Monographie. Éd. Scheidegger & Spiess

Créé: 24.04.2019, 14h35

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